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28 janvier, 2013 - 13:01 K6a

Le collectif K6A nous explique pourquoi il n'est pas qu'un groupe de rap

C’est dans un loft au rez-de-chaussée d’un immeuble industriel d’Hochelaga que le collectif hip-hop K6A lançait l’album Kosséça?. Thématique «raccoon party». Une salle couverte de graffitis. Une autre salle aux murs tapissés d’œuvres d’art inspirées des pièces de l’album.

Alors qu’ailleurs, les éléments visuels auraient été conçus par des graphistes et designers engagés bien après la conception de l’album, ici, tout a été créé en symbiose.

Parce que K6A n’est pas qu’un groupe de rap.

«On ne sait pas exactement combien il y a de membres, mais on dit toujours le chiffre magique de 22, parce que c’est à peu près ça. On n’a pas de décompte officiel parce qu’on ne fonctionne pas par appels d’offres comme un band qui aurait besoin d’un batteur ou d’un bassiste. Il y a beaucoup de gens qui gravitent autour du crew et, après quelque temps, on se rend compte qu’ils en font partie», explique FiligraNn, un des rappeurs du collectif (et instigateur des WordUP! Battles).

«On a des MC et des DJ, mais on a des graffeurs aussi. Tout ça fait partie intégrante du concept. Tout le monde crée ensemble.»

C’est justement la différence marquante entre Kosséça?, disponible à partir du 29 janvier, et le précédent effort signé K6A, une mystérieuse compilation intitulée Polalbum.

«Quand on a sorti Polalbum, c’était plutôt un collage des créations individuelles des différents membres du collectif, avec des collaborations ici et là. Mais là, toutes les chansons qu’on entend sur l’album ont été composées, écrites et réalisées en gang. On s’installait ensemble, on écrivait et on enregistrait un rough cut dans la même journée. Si t’étais pas là pour l’écriture, t’es pas sur la toune, simple comme ça.»

C’est en partie ce qui explique les grandes variétés de style qu’on peut entendre sur Kosséça?. «Il y a plusieurs chansons sur l’album où j’aurais aimé être!» rajoute FiligraNn.

Gang bang
Près de nous, un des artistes du collectif crée des toiles en direct. Un seul motif: des ratons-laveurs. Pourquoi avoir choisi cet animal pour représenter le crew? «Je pense que si tu demandes à d’autres gars, tu vas avoir des réponses différentes. Mais, pour moi, c’est que le raton est un animal qui vit et travaille en groupe et qui s’est vraiment bien adapté à l’environnement urbain. Il y a aussi, pour les graffeurs, le fait que l’animal est masqué, et qu’il fait un peu ce qu’il veut, en hors-la-loi. Mais toujours en gang.»

Aucune prestation n’est à l’horaire de la soirée de lancement. Est-ce à dire que le projet collectif n’est qu’un trip de studio? «On a décidé de faire un party plutôt qu’un lancement traditionnel, parce qu’on a travaillé tellement fort pour arriver à ça qu’on voulait en profiter un peu! Mais non, on a des spectacles prévus au cours de l’année qui vient. C’est certain que c’est difficile de réunir tout le monde, mais ça va arriver.»

En attendant, le k6a.tv recense les activités de tous les membres du collectif, autant sur le plan musical que graphique.

Kosséça?
Sortie le 29 janvier
k6a.tv