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Victime de la porn: la pire baise du monde

(Le hasard a voulu que cette chronique tombe le lendemain du party Newad/Nightlife, mais ne startez pas de rumeurs, ce n’est qu’un adon.)

La pire baise du monde peut être caractérisée de plusieurs façons, et c’est évidemment relatif à chacun. Ta pire baise peut très bien être ma meilleure. (Parce que tu rock trop, t’sais.)

Même les turn off les plus évidents comme baiser avec quelqu’un qui pue et qui te dégoûte (ou dégoutte dessus), ça turn on bien du monde. (Mais si tu veux mon conseil : dans le doute, joue safe et lave-toi.)

Il y a des baises où l’autre a exactement tout le contraire de tes goûts à toi. Un don pour toujours choisir la mauvaise position, ou encore pire, quelqu’un qui ne choisit jamais rien. Des baises à reculons avec des abrutis. Des baises sournoises où t’avais mis ton jugement KO après trois-quatre shooters de trop. Des baises avec quelqu’un qui n’est clairement pas dedans, et qui fixe le cadran. Des baises sans passion où tu sais d’avance que tu ne seras pas raqué (ou au vif) le lendemain. Des baises où il aurait fallu qu’une troisième personne s’en mêle à quelque part. Des baises où il aurait fallu quelques gallons de plus dans la tank à eau chaude.

Parfois, certains moves sont seulement déplaisants s’ils sont chargés d’un sous-texte de tu-fais-pas-la-job. Une fille peut sortir son vibro, mais c’est bof si ça signifie « Désolé, j’ai vraiment besoin de cette machine si je compte venir avec toi. » Elle peut aussi demander de tamiser la lumière, sauf quand ça dit « ‘Scuse, t’es comme trop visible pour que je m’imagine Ryan Gosling. »

Des baises où t’as ce feeling que l’autre va tout raconter le lendemain (et que ça n’impressionnera personne). Des non-baises où tu ne bandes juste pas. Et que tu ne peux pas blâmer l’alcool. Pour la troisième fois de suite.

Une baise au cours de laquelle t’as une épiphanie qui fait peur. Où tu prends conscience que t’es en train de faire une erreur. Une baise où l’amour est mort. Ou pire, qu’il est mort juste de ton bord.

Ce qui est intéressant lorsqu’on décrit notre pire baise du monde, c’est qu’on peut imaginer l’inverse et ça donne à peu près notre meilleure. (Tank d’eau chaude à l’infini, yo!) Mais le gros avantage des baises horribles, c’est que c’est vraiment très drôle quand ça arrive aux chummeys. Je peux rire des mois d'une amie qui s'est pogné quelqu'un de ridicule. Ça n’arrête jamais d’être drôle.

D’ailleurs, on devrait toujours raconter nos histoires ratées de sex. (Les commentaires sont là juste pour ça!) Extérioriser tout ça, ça permet de relativiser. Une fois que c’est dit et que tout le monde se paie notre gueule, ça arrête d’être important. Après tout, c’est juste du cul. Même les pornstars sont souvent poches.

Moi je dis : si t’as pas au moins cinq baises que tu regrettes, c'est tu ne vis pas assez fort. Déniaise un peu. Énarve-toi. Anyway, ça reste entre nous.

(DISCLAIMER: Bon, là, je parle de baises sécuritaires, de façon protégée pis toute, on s’entend. Si tu parles de baises horribles qui t’ont donné trois enfants bizarres, quatre avortements et deux SIDA, ça va faire un frette.)