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Danse
7 décembre, 2012 - 14:02

Les 10 meilleurs spectacles de danse à Montréal en 2012

L’heure est aux bilans, et force est de reconnaître qu’il s’en est passé des choses dans l’univers de la danse à Montréal en 2012. Les 25 ans de la compagnie Montréal Danse, le 40e des Ballets Jazz de Montréal, le 15e de Danse Danse, le passage de sommités de renommée mondiale (Benjamin Millepied, Hofesh Shechter, Akram Khan) et une grande diversité de propositions audacieuses made in Quebec. Des créations éclatées d’artistes émergents, de la danse-théâtre bouleversante et des chorégraphes au sommet de leur art: ceux qui souhaitaient découvrir l’étendue de l’offre en danse moderne ont été comblés.

Nos collaboratrices Marites Carino et Iris Gagnon-Paradis passent ici en revue les dix moments forts de l’année.

 

10. Catherine Gaudet, Je suis un autre (Montreal)
Presented at La Chapelle in April

JE SUIS UN AUTRE / CATHERINE GAUDET / 16-18 JANV 2013 / LA CHAPELLE from La Chapelle on Vimeo.
If you missed it, no worries because La Chapelle has scheduled another run of Gaudet’s well-crafted, quirky duet. Slated for an encore performance in mid January, using snippets of humour and text, dancers Dany Desjardins and Caroline Gravel ping-pong clever dialogue and movement to illustrate the unraveling of identity from the inside out. I’ll be going again. (Marites Carino)

 

9. Andrew Skeels, Thread and Buried Words (Montreal)
Presented in August as part of Les Grands Ballets Canadiens de Montréal's Atelier chorégraphique

Two short works by the talented Skeels made their mark at Les Grands Ballets Canadiens L’atelier chorégraphique this past summer. Skeels, a company dancer since 2010, possesses choreographic skills of his own that shone with his fluid trio for three male dancers, and a breathtaking solo for himself, where anchored, he stood solid, while torso and arms windmilled under a warm glow. (Marites Carino)

 

8. Benoît Lachambre, Snakeskins (Montréal)
Présenté à l’Usine C en octobre

Benoît Lachambre est un artiste à part, et son univers est fascinant, même s’il est parfois difficile d’accès. Son «faux» solo Snakeskins parle de transformation qui mène au changement libérateur et est traversé de portions extrêmement physiques, de tableaux d’une rare beauté et d’autres moments troublants frôlant la démence. Lachambre y poursuit son travail sur le mouvement interne, qui surgit des méandres de l’individu pour se projeter vers l’extérieur, telles des ondes sur l’eau. Un grand moment que de voir cet artiste, fascinant et électrique, sur scène. (Iris Gagnon-Paradis)

 

7. Nicolas Cantin, Mygale (Montréal)
Présenté au FTA à La Chapelle

Iconoclaste, situé quelque part de flou entre la danse, le théâtre et la performance, Cantin aime distiller le malaise par ses pièces où il ne se passe presque rien et refuse toute catégorisation. Dans Mygale, il réussit à sa tâche tout en créant une oeuvre noire, tendue, violente, très troublante, glauque même et explorant l’échec du rapport à l’autre. Un théâtre du vide, qui peut fasciner autant que perturber. Les trois pièces de Cantin (Grand Singe, Belle Manière et Mygale) ont aussi été présentées sous forme de triptyque à l’Usine C cet automne. Un artiste de la relève montréalaise qui défonce les frontières pour créer des oeuvres à sa manière, sans compromis. On attend sa prochaine création avec impatience. (Iris Gagnon-Paradis)

 

6. Guilherme Botelho (Alias), Sideways Rain (Switzerland)
Presented in May at the FTA

ALIAS / Guilherme Botelho: Sideways Rain from Tanz im August on Vimeo.
Talk about a show that moved me – literally. Standing up after, I almost tipped over because I felt like I was on a conveyor belt. Botelho created a gradual choreographic illusion where the floor seemed to be moving while his dozen dancers travelled in a simple, yet continuous flow from stage right to left in a work that speaks to the human condition. The movement evolves from crawling, sliding, rolling, horizontal floor work to upright racing across the stage. Gorgeous. (Marites Carino)

 

5. Hofesh Shechter, Political Mother (Angleterre)
Présenté par Danse Danse au Théâtre Maisonneuve en novembre

Une oeuvre puissante, assourdissante, qui décortique les effets du pouvoir, de la guerre, de la politique et de la domination sur l’individu, sclérosé et inconscient. Une gestuelle énergique, où on sent l’influence tribale et éclectique de l’école Batcheva à Tel-Aviv, où le chorégraphe a fait ses premiers pas de danse, le tout dansé par une meute de danseurs opprimés, mais tout de même poussés par l’espoir et la fureur de vivre. La musique, composée par le chorégraphe, musicien dans une autre vie, y tient une énorme place: guitares électriques, tambours militaires, chanteur-gourou à la voix caverneuse. Une poussée de décibels dangereuse pour les tympans, dont on sort exténué, secoué, mais ravi. (Iris Gagnon-Paradis)

 

4. Emmanuelle Lê Phan & Elon Höglund (Tentacle Tribe), When They Fall (Montreal)
Presented at Quartiers Danses in September

I first saw an initial version of this duet at Short & Sweet last June, and by the end of the three minutes, the explosion of applause was a great way to launch this couple’s new creative partnership Tentacle Tribe, which features their intensely physical creative partnering, mingled with hip hop inspired moves. Keep an eye out for this piece and this company, because it’s going to evolve into something good. (Marites Carino)


 

3. Anne Teresa de Keersmaeker, En atendant et Cesena (Belgique)
Diptyque présenté au FTA 2012 à l’Usine C et au Théâtre Maisonneuve

Deux pièces exigeantes, austères même, de lentes processions dansées durant chacune près de deux heures, mais sublimes, profondes, emplies d’humanité. Refusant tout formalisme, la chorégraphe belge y fait une exploration inédite du chant, de la musique et de la polyphonie du mouvement. Résultat: la fascinante danse de la vie, sans fard ni paillettes. D’abord conçues pour être présentées à l’extérieur, au Festival d’Avignon, les deux oeuvres se répondent, l’une se déroulant au crépuscule et l’autre, à l’aube. En salle, un système de lumière reproduit l’effet du soleil couchant et levant. Fort, très fort. Pas étonnant que Mme de Keersmaeker ait remporté le Grand Prix de la danse de Montréal à la fin novembre, pour sa contribution exceptionnelle à la danse. (Iris Gagnon-Paradis)

 

2. Hiroaki Umeda, Holistic Strata (Japan)
Presented at Temps d’Images in April

Over at L’Usine C this spring, Umeda had me hooked from the opening of his solo, which was both intriguing and mesmerizing.  Bathed in a disorienting spin cycle of swirling, clustered points of light, the Japanese multidisciplinary artist melds minimalist dance, music, light and technology in this visual delight. (Marites Carino)

 

1. Michèle Anne de Mey (chorégraphe) et Jaco Van Dormael (cinéaste), Kiss & Cry Nanodanses (Belgique)
Présenté à l’Usine C en avril

Kiss & Cry / NanoDanses - Michèle Anne De Mey & Jaco Van Dormael (extrait) from Charleroi Danses on Vimeo.
Kiss & Cry est un bijou créatif, totalement original et franchement émouvant. Ici, ce sont des mains et des doigts qui dansent, et elles sont filmées en direct, puis les images ainsi captées sont projetées sur un écran situé en haut de la scène. La scène elle-même devient un plateau de tournage miniature, totalement fascinant. Les artisans de cette création sont de vrais magiciens et produisent, à partir de presque rien et dans une esthétique très DIY, des effets incroyables à l’écran. On est à mi-chemin entre la danse, le théâtre et le cinéma, le tout sur fond d’histoire d’amours perdus et de questionnements existentiels sur la perte, la vie, la mort, l’amour et le temps qui passe, inexorablement. La danse créée pour les mains atteint une beauté insoupçonnée, à la fois très poétique et tout en fragilité. D’une naïveté romantique à faire pleurer les plus cyniques d’entre nous. Oui, Kiss & Cry réussit, et c’est le cas de le dire, à toucher l’universel du doigt. (Iris Gagnon-Paradis)