+ Toutes les playlists

Le Détesteur: Hey Facebook! Flashnews, il neige

Il a neigé, samedi dernier. La terre a tremblé en octobre, Sandy a renversé quelques tables. Pis il a fait très, très chaud, en pleine canicule au mois de juillet, l'été dernier.

Je te l'apprends en primeur, ici, sur NIGHTLIFE.CA, pis fort probablement que tes amis sur Facebook t'ont donné le scoop en temps réel. Parce qu'on le sait, selon les plus cyniques et amers sur Facebook, dès que le climat est changeant, tout le monde se plaît à vouloir T'ANNONCER l'évidence du moment, ce que tu peux aisément apercevoir par ta fenêtre si tu t'étires un peu le cou. Non? Non.

Aussi prévisibles soient-ils, ces électrons libres qui ruminent sommairement sur le comportement des apprentis commentateurs de météo 3.0 se font de plus en plus omniprésents et ne manquent aucun rendez-vous.

- Il neige!, s'exclament 13 personnes, simultanément.
- Hey, laissez donc ça à Colette Provencher, on le sait qu'il neige, on a une fenêtre pour voir dehors!, répliqueront 246 autres personnes.

La vérité, maintenant, c'est que personne ne croit à tort jouer un rôle déterminant et exclusif sur la température locale. Je ne sais pas comment ces libres-penseurs en sont venus à s'imaginer ça, mais c'est un raisonnement crissement simplet. Il neige pis les gens s'en réjouissent (ou s'en plaignent). POINT. Ils le partagent, parce que c'est ce qu'on fait, partager notre état d'esprit quand on constate un changement climatique peu ordinaire qui touche absolument tout le monde. (en excluant la pluie, bien sûr) Si ton chien renifle tête en l'air pour déceler l'arrivée imminente d'une tempête, bin toi, t'en parles. C'est probablement la première chose que tu dis à ta mère quand elle t'appelle. Idem pour le verglas et toutes autres intempéries semblables.

Si tu t'empresses de l'écrire sur Facebook, ce n'est certainement pas pour apprendre quoi que ce soit à ton newsfeed. Tu veux simplement t'assurer de ne pas être en train de t'over-exciter tout seul sur des flocons qui repassent en loop dans ton visage. Tu fais la même chose avec ta passion pour le bacon, ton crush pour Ryan Gosling, la dernière toune folle de ton band indie préféré ou la finale tellement déconcertante d'une série télé américaine huppée. C'est quand même la première neige de l'année, après des mois d'absence, pis comme il te reste encore quelques bons souvenirs en sa compagnie, tu n'as juste pas envie de laisser passer son comeback sous silence.

L'humain a besoin de booster ces moments-là, de sentir que ça se passe, maintenant. Là, là. Ne serait-ce qu'un brin de changement éphémère. Et si l'été, tu deviens captain obvious en t'indignant des médias généralistes qui font des reportages sur la canicule (LOL, on l'sait qui fait chaud!!, tsé.), ravise-toi, c'est un mal nécessaire. Je sais, à chaque saison estivale, tu nous ramènes que t'as pas besoin qu'un journaliste te rappelle de boire de l'eau aux 30 minutes pour ne pas te déshydrater, vu que ça va de soi. Évidemment, crisse. Mais l'intention va bien au-delà de te prendre par la main. On te confirme que t'es pas fou de trouver cette chaleur anormalement tropicale, que tu vis une des journées les plus chaudes de l'année. Tu capotes, mais pas pour rien, et ton cas n'est pas unique, non plus.

Avec ou sans télé, tu finiras toujours par t'en remettre à quelqu'un qui te donnera le GO pour let it go pis virer fou avec ça. C'est ce qu'on recherche incessamment, qu'on nous confirme l'ampleur des choses. Pis tu vas en parler, comme d'hab, parce que c'est inévitable. Même si ça implique de contourner les règles pis de chigner contre ceux qui en parlent. Parce que visiblement, c'est la nouvelle façon la plus répandue de glisser son mot sur le sujet, en toute impunité.

Il neige.

Je te déteste.