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14 novembre, 2012 - 12:12 Theatre

La pièce « La démesure d’une 32 A » est loin de juste parler de seins

En acceptant de mettre en scène un spectacle conçu à partir de l’œuvre de Clémence Desrochers, Brigitte Poupart tenait non seulement à ce qu’il s’adresse à un public large et jeune, mais voulait également s’assurer de ne pas faire un remix de Clémence. Accompagnée dans l’aventure par Ariane Moffatt et Pascale Montpetit, Poupart présente une œuvre qui ose à peu près tout, sauf la demi-mesure.

Sachant qu’une partie du public associe les monologues très connus de Clémence à une façon bien personnelle de les réciter, Brigitte Poupart a préféré piger dans le reste de son répertoire pour monter un spectacle théâtral et poétique. « On suit la correspondance entre un homme et une femme, après qu’il l’ait laissée et qu’elle ait appris que sa mère était atteinte d’une tumeur au cerveau. Je me suis servi de la correspondance tenue par Clémence pendant huit mois, alors qu’elle écrivait au seul homme qu’elle ait aimé dans sa vie. Étant donné qu’elle n’a jamais envoyé ces lettres dans la réalité, je propose au public de découvrir l’intimité du personnage féminin que j’ai créé. Plutôt que de faire une pâle copie de Clémence, j’ai eu envie de surprendre les gens. Ceux qui la connaissent très bien seront étonnés et les autres vont être captivés. Ses textes ont très bien vieilli. »


Brigitte Poupart

Même si la créatrice souhaitait mettre de l’avant la mélancolie émanant des différents textes de Desrochers, le spectacle n’en demeure pas moins léger et plein d’humour. « Il y a plusieurs personnages disjonctés dans le spectacle et on rit énormément. Mon travail a toujours été défini par le rythme et les ruptures de ton. Comme l’écriture de Clémence laisse beaucoup de place à la mise en scène, j’ai eu beaucoup de matière pour m’amuser. J’aurais pu faire 20 spectacles avec son œuvre. »


Présentée sous forme de cabaret et construite autour de missives, de sketches, de monologues et de poèmes, La Démesure d’une 32 A met en lumière une série de femmes habituées à l’ombre et à l’anonymat. « J’ai fait le choix esthétique de mettre Pascale dans un décor très vaste pour accentuer sa solitude. Et grâce à l’intelligence dans l’écriture de Clémence, on arrive à tourner le drame en dérision. »


Pascale Montpetit / Crédit Carl Lessard

Afin de livrer les nombreuses idées qu’elle avait en tête, Brigitte Poupart avait besoin d’une actrice capable de naviguer dans toutes les zones. « Dans la pièce, un même personnage peut débuter sur un rythme comique avant de se défaire, de se décomposer et de devenir autre chose dans un même monologue. Pascale est capable de passer de la petite fille de 10 ans à la femme de 52, à une vitesse impressionnante. C’est un spectacle très chorégraphié et je peux compter sur sa force physique pour le tenir à bout de bras. J’utilise toutes les facettes de son talent. »

Poupart a également fait appel à son amie Ariane Moffatt afin de créer l’univers musical du spectacle. « Lorsque je l’ai approchée, elle m’a bien fait comprendre qu’elle n’avait pas du tout envie de faire un remix des chansons connues de Clémence. Quand je lui ai expliqué que je voulais plutôt mettre en musique des textes qui collaient à la dramaturgie que je construisais, elle a embarqué. On a décidé de tout construire autour du piano, puisque c’est un instrument qui revient souvent dans les écrits de Clémence. Une fois qu’on a défini tout ça, elle est partie de son côté et l’inspiration est apparue. Dès qu’elle s’assoyait au piano, ça sortait tout seul, comme si le rythme des textes avait été pensé pour se transformer en musique. Certaines pièces auraient carrément pu être écrites par Ariane. Le mariage s’est fait tout naturellement.»

La démesure d’une 32 A 
Du 13 novembre au 8 décembre
Espace GO | 4890, Saint-Laurent | espacego.com