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25 octobre, 2012 - 16:04 Victime de la porn

Victime de la porn: crier, ou ne pas crier

Il y a toutes sortes de criages (oui oui, c’est un mot qui existe) durant le sexe :

- Les cris qui varient en fonction du chemin cahoteux vers l’orgasme.

- Les petits cris qui tapent sur les nerfs où t’as envie de baiser l’autre encore plus fort et lui enfoncer la tête dans l’oreiller.

- Le cri muet où l’autre ouvre la bouche sans faire un son et que tu vois dans le reste de sa face que le moment est fort.

Le niveau d’intensité n’est pas nécessairement proportionnel au nombre de décibels. Le criage moyen est composé de :

 - 25% de boostage d’égo

 - 25% pour le show

 - 50% d’abandon.

Mais bon, tous ces cris démonstratifs sont tripants lorsque t’es directement impliqué. Quand t’es le tata dans la pièce d’à côté, ça peut rapidement devenir déplaisant.  Voici donc mes règles sur le criage (je fais trop de listes aujourd’hui) :

 - Un couple qui habite seul peut crier autant qu’il veut.

 - Un couple avec des kids est pogné pour crier quand il peut.

 - Un couple en colocation ferme sa crisse de gueule.

Des fois, je suis anal pour des trucs, et le criage du coloc est un de ces trucs. Si j’habite en colocation et que l’autre fourre en menant du train, je veux tuer!

J’aimerais bien être un hippie qui accepte que la coloc se fasse ramoner sur la table durant le déjeuner, mais je n’y arrive juste pas. Je deviens une espèce de nonne de 78 ans (mais qui entend encore très bien).

C’est tellement un manque de respect total. Qu’est-ce que je suis sensé faire? Me réfugier avec mes Frosted Flakes dans le fond de ma chambre avec des gros écouteurs? Nonon. Si je vais dans ma chambre, c’est pour bricoler une poupée Voodoo et te rentrer des aiguilles dans le rectum. Juste le temps que tu sortes et que je puisse t’annoncer de faire tes boites.

Anal, je vous dis.

Un bon coloc devrait toujours être de ton bord pour t’aider à closer tes prospects, et en échange, tu tiens ça raisonnable en fin de veillée quand l’autre est présent. C’est dans le code!

Je supporte beaucoup mieux quand ce sont les voisins qui font leur show. On n’habite pas la même place. Je ne me sens pas de trop.  À moins qu’ils soient vraiment intenses chaque soir au point de m’empêcher de dormir, je n’ai pas trop de problèmes.

Par chance, mes voisins sont tranquilles. Et on comprend pourquoi en voyant la face de ma voisine. (Non, ce n’est pas Marie-Élaine Thibert. T’es vraiment mean d’avoir pensé ça.)

Il y a une certaine réciprocité à tout ça puisque je suis le premier à me tenir tranquille quand je suis le coloc qui fourre. En fait, ma vie sexuelle chute dramatiquement quand j’habite en colocation. C’est pour ça que j’habite seul autant que possible. Un gars a besoin de respirer.

Je suis beaucoup trop self-conscious sur le bruit, mais ça peut quand même être excitant. Empêcher une fille de crier est bandant en soi. Baiser une fille qui fait des efforts pour se retenir autant que possible (sans trop de succès), baiser une fille qui prend ta main pour la mettre sur sa bouche… Ça drive son homme!

Ça donne le goût d’y aller encore plus fort. En fait, je suis anal sur le bruit, sauf quand je ne le suis plus. J’ai un calepin où je note les filles qui arrivent à effacer cette partie-là de ma personnalité.

Si j’accepte qu’une fille crie fort au point de déranger les voisins, c’est que je suis crissement turned on. Et quand c’est moi qui s’en mêle, c’est qu’il se passe vraiment quelque chose. Je n’en suis pas fier, mais quand le feeling est sournois et me surprend un peu, il m’arrive de faire plus de bruit que j’aimerais l’admettre. Ça doit être mon 25% de sang italien.

Mais je trouve ça génial. J’adore quand les trucs changent durant le sexe. Le moment où t’acceptes ce que tu n’acceptais pas quelques instants auparavant. Où tu te permets des trucs que tu ne te permettais pas. Tout change le temps de quelques coups de bassin.

Il y a plein de façons de signifier l’intensité du moment. Tu peux serrer l’autre très fort ou prendre une mordée quelque part. Crier n’est pas la seule façon d’exprimer qu’on est content d’être là. Mais ç’en est une méchante bonne.

(Et si ton voisin est pour venir t’engueuler, aussi bien l’accueillir d’un sourire contenté.)