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Eleni Mandell : une chanteuse punk qui fait du folk-jazz

Eleni Mandell est de celles qui conquièrent lentement, mais sûrement. Elle n'a pas de hit à son actif (son tube «Girls», de 2007, avec son clip qui parodie À bout de souffle de Godard, est ce qui s'en rapproche le plus) et ses chansons ne comptent pas toujours parmi les plus accrocheuses, mais sa musique est d'un raffinement et d'une constance qui la mènent quand même à s'incruster. Petit à petit, un album et un concert à la fois.

Jusqu'à transcender les étiquettes. Décrite depuis ses débuts comme usant du «folk noir», elle prouve bien assez vite à qui porte attention qu'il n'y a rien de noir dans ses chansons. Du moins pas plus que dans celles des autres. Elle chante les hauts et les bas de l'amour, les demi-teintes de l'intimité de façon directe et détaillée, sur le ton de la confidence, sans quoi que ce soit de théâtral. Mais voilà, elle le fait d'une voix feutrée, dans un folk bordé de tournures jazzy. D'où le qualificatif «noir». Ces tournures jazzy, précisons-le, sont purement accidentelles, puisque, comme le répète souvent, la demoiselle vient du punk de X, du folk glauque de Tom Waits et du rock oblique de PJ Harvey. Elle affirme ne jamais trop avoir écouté de jazz.

En juillet, Mandell prouvait à nouveau sa grande constance avec un huitième album, I Can See the Future, tout à fait conforme aux standards qu'elle a établi. Pas de surprise, juste treize nouvelles confidences sur fond d'accords de guitare acoustique et de batterie gentiment balayée.

Parmi ces dernières, on en retient une en particulier: «Bun in the Oven», morceau désarmant où elle parle de sa récente grossesse.

Visiteuse fréquente au Québec (elle a même enregistré une pièce en français pour nous il y a quelques années), elle est de passage cette semaine par Montréal et Québec, accompagnée exceptionnellement de Bazil Donovan de Blue Rodeo à la contrebasse en formule duo.

Eleni Mandell
18 octobre | L'Astral
305, Ste-Catherine O.
elenimandell.com