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9 octobre, 2012 - 10:10 Cinéma

Le réalisateur Simon Galiero nous parle de poker, de Cassavetes et de «La mise à l'aveugle», présenté au 41e FNC

Après avoir remporté le Grand Prix Focus (Meilleur long métrage canadien) du Festival du nouveau cinéma pour Nuages sur la ville en 2009, le réalisateur montréalais Simon Galiero aura cette semaine l'honneur de présenter son deuxième long métrage en ouverture du festival. La mise à l’aveugle suit le parcours d'une femme d'âge mûr (Micheline Bernard) qui traverse une période de profonds changements. Elle retourne s'installer dans son quartier d'enfance, malgré un ex-mari (Julien Poulin) incompréhensif à cette décision. Elle digère également le rejet d'un lieu de travail où elle a longuement régné et apprend à vivre avec les conséquences de ses gestes. Elle porte la douleur de voir son fils (Pierre-Luc Brillant) s'éloigner d'elle. À travers toutes ces épreuves, elle trouvera chez son nouveau voisinage une façon de vivre sa nouvelle vie... 

 

Qu’est-ce que tu aimes le plus du cinéma? Ce qui t'inspire quand tu réalises un film?
En général, c'est assez classique. J’aime beaucoup les films de répertoire : Buñuel, Fellini, Renoir, Polanski... À la première lecture du scénario, mon distributeur a tout de suite pensé à Bar Salon d'André Forcier. Je ne l’avais pas vu à l’époque. J’ai fini par le voir pour trouver une parenté, quelque chose de populaire et en même temps d’auteur. Sinon, je n’ai revu qu'un seul film pour m'aider dans l'aspect du découpage d'images pour les scènes de poker. J'ai pris la fameuse scène du dîner au spaghetti dans A Woman Under the Influence de John Cassavetes. Je suis allé compter le nombre de plans, la durée totale de la scène. Le résultat a été de me libérer sur cet aspect pour après faire ce que je voulais avec la caméra.

En abordant plusieurs sujets, en te dirigeant dans plusieurs directions, que voulais-tu faire comprendre aux spectateurs avec ton récit?
En premier lieu, c’est l’histoire très simple d’une femme qui vit des transitions dans sa vie. C’est l’aspect le plus simple du récit et à travers ses transitions (retraite, déménagement, divorce, etc.), il y a un dialogue qui se crée entre les lieux dans lesquels elle se déplace, entre les différentes classes sociales. C’est un dialogue avec des éléments contraires. C’est un bon prétexte, vu que le personnage est radical et entre deux chaises. Ça permettait de passer d’un extrême à l’autre. Et au troisième degré, il y a l’aspect du jeu lui-même, du poker, des finances, dont les règles, le langage se retrouvent un peu dans la façon dont les personnages interagissent entre eux, dans la façon qu’ils ont de se dissimuler, de vouloir soutirer quelque chose. Il y avait ça aussi qui me plaisait comme toile de fond.


Simon Galiero // Crédit: Mongrel Media

Avec ton titre et la place du poker dans l'histoire, tu te situes où par rapport au jeu?
J’ai beaucoup joué au poker. C’est un peu le point de départ de cette toile de fond dont je te parlais. Ce qui m’a toujours plu dans ce jeu, c’est la diversité. Tu joues pendant des heures à une table avec 8-9 personnes et personne ne se connaît. Il y a un débardeur à droite, un étudiant à gauche et tout le monde a son type d’intelligence malgré les différences de classes et tout. C'est quelque chose qui m’a toujours intéressé dans le poker. En même temps, le jeu a son côté paradoxal. Tu apprends à connaître du monde à une table, mais les règles ultra capitalistes font que tout le monde essaie quand même de soutirer quelque chose à l'autre. J’avais envie de mettre ce décor dans un film. Je trouvais ça intéressant.

Le mot de la fin?
J’espère que le travail des comédiens principaux est rendu, que le film leur rend justice. J’ai eu beaucoup de fun avec eux. Ce sont des acteurs intelligents avec une sensibilité incroyable dans leurs gestes, leur voix, leur façon de bouger, leur intuition. Je trouve qu’ils ont fait de belles scènes dans le film qu’on ne voit pas tout le temps au cinéma, parce qu’on ne laisse pas assez respirer. Je trouve qu’ils ont fait une belle job, même si ce n’est pas à moi de juger.

 

La mise à l'aveugle
En ouverture du Festival du Nouveau Cinéma (10 octobre, sur invitation)
Aussi: le 13 octobre à 15h30 | Quartier Latin | 350 rue Émery
 

Sortie en salles prévue pour décembre 2012