+ Toutes les playlists

FME, jour 3: le choc Godspeed et la mise au point de Dany Placard

Il y avait l’embarras du choix dans les bars de Rouyn, le 1er septembre, mais LE rendez-vous de ce troisième soir de FME, c’était évidemment la première visite de Godspeed You! Black Emperor à l’Agora des arts. Depuis l’arrivée au festival, les billets pour l’événement (qui affichait évidemment complet) étaient la denrée la plus recherchée.

Pour la plupart, c’était un premier contact avec la légendaire troupe. Le contexte était idéal: l’ancienne petite église qu’est l’Agora des arts procurait l’acoustique idéale à la déflagration post-rock de Godspeed. Le son était fort, clair et le contact avec le groupe était bien plus intime que celui que l’on peut avoir à Montréal. Deux heures durant, avec l’aide cruciale de Karl Lemieux aux projections, le groupe a astiqué des pans assez obscurs de son répertoire. Hélas, aucun extrait de f#a# ∞, mais un répertoire bien choisi tout de même, tout en explosions et en accalmies. Au sortir du spectacle, on était sous le choc. La rencontre a eu lieu.

Auparavant, après des 5 à 7 assez ternes, la soirée a bien pris son envol avec une prestation surprise de Dany Placard dans le stationnement du garage Rheault, sur la rue Murdoch. Le gaillard, pourtant pas prévu au menu du festival, a rappliqué avec son groupe et trois choristes invitées: les sœurs Boulay et Chantal Archambault. Petits amplis déposés par terre dehors, divan à côté, sono élémentaire au devant, public remplissant l’entrée du stationnement. Placard, pour une raison x, avait opté pour un combiné de téléphone comme micro. Le résultat était étonnamment bon. Bon son, bonne ambiance (ça dansait même devant la porte du garage)… Un chouette moment.

Le niveau de rock a monté de plusieurs crans par après au Petit Théâtre. Jimmy Target and the Triggers ouvrait le bal. Solide, mais un peu redondant, ce rock huileux et râpeux à la Motörhead, Nashville Pussy. Les Dales Hawerchuk et Groovy Aardvark, réunis à nouveau, ont été égaux à eux-mêmes: acérés, lourds et directs. Souvent plus émotif lors de ses réunions passées, Groovy a donné un concert typique de ses belles années: hyperactif, plein d’humour. Clairement, les fans de rock de Rouyn s’étaient ennuyés.

Pendant ce dernier événement, ceux qui sortaient sur la septième rue pouvaient assister au mix des chefs. Un drôle d’événement durant lequel trois chefs invités, installés sur une énorme estrade, concoctaient à tour de rôle des plats pendant que des DJ (Mini et Brace, pour ne pas les nommer) faisaient leur truc. De petites portions étaient ensuite distribuées au public. J’ai plus ou moins saisi le concept, mais c’était délicieux!

La nuit s’est terminée au Petit Théâtre également. C’était la nuit électro avec le DJ house Justin Martin et le plus techno Ostrich. aRTIST oF tHE yEAR inaugurait le bal avec son disco éclaté, abrasif et costumé. Un bon set bien énergique et plein d’humour, bien reçu par la foule néanmoins clairsemée.