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FME, jour 2: au frais avec Feist et Louis-Jean Cormier, au chaud avec Plants and Animals

Après une première soirée étonnamment chaude pour le coin, la pluie et la température froide se sont mis de la partie le vendredi 31 août. Pas assez, cela dit, pour altérer les plans extérieurs pour ce second tour de piste du FME 2012.

Sur la septième rue, c’était bondé pour recevoir Feist, sans doute l’artiste internationale la plus populaire à avoir joué au FME. Juste avant, Louis-Jean Cormier, chanteur de Karkwa, est venu faire la démonstration de son nouveau matériel solo. Ce dernier a adroitement réchauffé la foule avec un band bien serré et une aisance manifeste malgré la relative nouveauté du projet. Du côté du public, on était clairement heureux de constater la grande (pour ne pas dire totale) ressemblance de son Cormier avec le son Karkwa. Du côté du critique obstiné, on n’aurait pas détesté que le monsieur prenne un peu ses distances.

Feist était tout en nuances et en lentes montées de tension. Accompagnée d’un groupe réduit par rapport à ses derniers passages, elle semblait patauger dans les subtilités de ses chansons. On a dû attendre une bonne demi-heure avant qu’elle ne sorte les plus gros morceaux, comme «I Feel it all». Agréablement modeste, comme façon de débarquer en pleine rue de petite ville rurale quand on est une star. Certains trouvaient toutefois que ça tardait avant de lever.

À mon sens, toutefois, le gros événement extérieur a eu lieu juste après, dans la ruelle derrière la galerie d’art L’Écart. Le tandem audiovisuel montréalais Organ Mood s’y produisait, avec projections contre un mur de briques et manigances pour impliquer le public. Le plan a on ne peut mieux fonctionné: tandis que la paire astiquait son synth-pop atmosphérique et expérimental, on a distribué aux spectateurs quelques instruments électroniques et beaucoup de maracas. Disons qu’on s’en est abondamment servi. Une demi-heure plus tard, ça a dégénéré en sorte d’obscur rave psychédélique. Il a même fallu que le tandem improvise une pièce pour offrir le rappel réclamé.

Petit interlude hors circuit au bar Les Chums avec le duo Express, qui a remplacé le duo Éclips. Le répertoire est le même, cela dit. Quilles de 50 et danse sur le top-40 rural en version karaoké. Ouch.

La soirée s’est terminée avec Plants and Animals à l’Agora des arts. Le groupe, qui était descendu plus tôt en journée dans une mine(!) avec l’équipe de Bande à part pour filmer une session, était en grande forme et a pleinement profité de l’acoustique riche de l’endroit. Ici, pas de gros tubes qui font chanter et lever le poing, mais un public attentif et allumé jusqu’à la toute fin. Un peu avant, au Diable rond, The Cyborgs, un tandem italien donnant dans un blues trash minimaliste, guitare-batterie, façon Black Keys, a démontré les failles usuelles de la mentalité rock européenne: tout dans la mise en scène (les deux membres portent des masques et du noir), mais peu de substance dans la musique. Banal et sans grand mordant.

En après-midi, on avait évidemment commencé ça en 5 à 7 avec Avec pas d’casque à la salle Évolu-son. Pour l’occasion, le quatuor était flanqué de Simon Trottier, de Timber Timbre, aux guitares additionnelles. Le groupe a bénéficié d’une qualité d’écoute exceptionnelle de la part de la salle archibondée. Il a sorti un répertoire assez dépareillé, fait évidemment des pièces du tout récent Astronomie, mais aussi de nouvelles et de très vieilles chansons. Voilà un groupe qui se répète rarement d’un concert à l’autre, ce qui est fort agréable pour qui ne manque pas une occasion d’aller entendre Stéphane Lafleur marmonner ses excellents textes.