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25 juin, 2012 - 18:06 Janelle Monae

Janelle Monáe: androïde sur disque, bête sauvage sur scène

Janelle Monáe joue à l’androïde sur ses albums, mais on ne peut pas lui reprocher de manquer de soul sur scène. Suite à sa performance au Festival de jazz de Winnipeg dernièrement, les critiques ont vanté sa prestation «énigmatique, idiosyncrasique et charismatique». Des qualificatifs qui s’appliquaient tout autant à sa participation à Osheaga, l’an dernier.

Sur la suite ArchAndroid, composée d’un EP et d’un album tous deux parus sur l’étiquette Bad Boy (celle de Puffy), Monáe met en scène Cindi Mayweather, un androïde qui sera désassemblé parce qu’elle est tombée amoureuse d’un humain. Ce personnage devient une forme d’inspiration pour la minorité androïde, et Monáe explique qu’il s’agit de l’image de «l’Autre», métaphore sociale et politique pour toute minorité victime de ségrégation. Par contre, ces thèmes sont nettement plus esthétiques qu’autre chose – il serait difficile de dire que Janelle Monáe fait de la «chanson engagée».

Il est indéniable que Monáe a créé un son bien à elle. Sans tomber dans le cliché du rétro-pour-le-rétro, le petit côté sixties vient assaisonner le soul-funk bien contemporain, tout en laissant le premier plan à son impressionnante voix. C’est avec cette sonorité taillée sur mesure qu’elle a pu faire la première partie de groupes aussi différents que Of Montreal, No Doubt et les Red Hot Chili Peppers.

Sur scène, d’ailleurs, la chanteuse a su faire sa marque avec son approche carrément à l'opposé de la tendance actuelle en pop: pas de petites tenues révélatrices (elle s’habille toujours en smoking), pas de danseuses sur scène (seulement quelques choristes à l’ancienne mode), pas de bande-son préenregistrée (des cordes, des cuivres et un percussionniste sur scène en plus du band standard), et une mise en scène forte sans tomber dans l’ostentatoire ou le bling.

C’est peut-être ce qui la rend si rafraîchissante.

Janelle Monáe
27 juin | Métropolis (à l’occasion du Festival international de jazz de Montréal)
59, Ste-Catherine E.
avec Roman GianArthur
jmonae.com