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Le trio montréalais Half Moon Run capitalise sur la hype en lançant son premier album

C’est par un coquet -273 °C sur Montréal, à la fin janvier, que j’ai rencontré Conner Molander (guitare) et Dylan Phillips (clavier, batterie), deux tiers de Half Moon Run, le chanteur Devon Portielje étant en Thaïlande (c’est une bonne raison). 

Mais cette rencontre aurait pu ne jamais avoir lieu. Si leur premier album à paraître le 27 mars, Dark Eyes, est aujourd’hui attendu avec intérêt, le claviériste mentionne que le trio a envisagé de tout laisser tomber l'année dernière. «On avait beaucoup d’engagements extramusicaux qui nous grugeaient du temps et de l’énergie. Il fallait soit se lancer complètement ou tout arrêter.» Molander rajoute: «On avait de la difficulté à manger et à payer nos loyers, nos blondes étaient fâchées… On avait besoin d’aide!» C’est l’arrivée providentielle des disques Indica qui donnera au groupe l’aide souhaitée.

À vos marques, prêts...
Formé à Montréal, HMR partage ses racines entre le ROC et les petites annonces. Britanno-Colombiens d’origine, Molander et Phillips étaient à Montréal pour les études et se sont rencontrés via un ami commun. C’est en plaçant une annonce sur Craigslist que l’Ottavien Portielje se joindra à eux. 

Molander: «La chimie entre nous trois a été immédiate et incroyable.» Phillips: «J’étudiais le piano classique au conservatoire. Dès qu’on s’est mis à jouer ensemble, il s’est passé des choses bizarres dans mon cerveau et j’ai quitté l’école!» Cette idée de chimie et de complétion revient souvent au fil de l’entrevue, les musiciens se complètent même dans leurs explications.

«La création se fait vraiment à trois. Même si tu arrives avec une chanson pratiquement terminée, elle doit passer à travers les autres membres, sinon on la laisse tomber», témoignent-ils de concert. En cas de désaccord, un bon vieux vote à main levée prévaut.

Bien qu’issus individuellement des mondes du classique et du jazz, ils créent ensemble un rock un peu sixties, un peu électro. Un mélange qui a enflammé l’industrie suite à leur prestation au festival M pour Montréal l’automne dernier. «Ça a fait du bien, parce que ça faisait trois mois qu’on se prenait la tête en studio! D’avoir une réponse positive nous a indiqué qu’on n’était peut-être pas les seuls à aimer notre musique», relatent les deux musiciens.

Cette grosse vague d’amour vient avec une certaine pression entourant cette première parution, mais le guitariste relativise: «Toutes les attentes que j’avais face à ce projet ont été comblées et dépassées, donc je ne fais qu’apprécier ce qui se passe!»

En terminant, j’ai voulu savoir ce qu’était un «half moon run»… Il y a eu un silence, puis les gars ont ri, puis un autre silence, et le guitariste s’est lancé: «Je sais que cette question va revenir souvent, mais je me contenterai de dire: “sans commentaire’’.»

OK, si quelqu’un sait, n’hésitez pas à nous écrire.

Dark Eyes | Sortie le 27 mars

Half Moon Run
2 avril | Sala Rossa
4848, St-Laurent
facebook.com/halfmoonrun