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Le Détesteur: calme-toi la surdose de bonheur

Dimanche, 18 mars 2012, notre premier 20 degré de l'année.

J'vais aller directement au point. J'vais dire "vous", parce que j'ai envie de généraliser pis de déverser ma rage sur toi. Mais dans l'fond, j'te fais confiance, je sais qu't'es pas comme ça. Fait qu'c'est ça. Je VOUS reproche d'avoir cette manie d'amplifier votre enthousiasme à chaque fois qu'y'a un signe de bonheur/beau temps/festivité. Ça m'enrage, j'vous kickerais dans votre tabarnack de 'face.

Pourtant, j'suis un hédoniste. Je n'ai aucune difficulté à être bien, même quand ça va mal. Mais vous, je sais pas, ça sonne fake, pis en ce premier 20 degré, votre over-bonheur envahissant a compromis le mien, qui se voulait plutôt discret.

Je l'avais anticipée cette journée-là en plus, pis elle a même très bien commencé. J'avais d'ailleurs rempli mon iPhone d'albums des printemps antérieurs qui m'évoquaient le retour du beau temps, pour ensuite quitter en vélo en pleine chaleur.

Quand j'vous ai aperçus, vous criiez, chantiez, célébriez, ne portiez même plus attention à l'environnement autour de vous. Votre enfant pleurait, hurlait pis vous vous en câliciez, vous continuiez de discuter calmement. Par-dessus ça, vous aviez accompagné cette surdose de joie de votre kit de l'été dernier, mais ça je ne vous en tiendrai pas rigueur, c'était d'occasion, mais vous comprendrez que ça rentre tout de même dans le vibe que j'vous reproche, soit: "CHU CONTENT J'VAIS JOUER À L'ÉTÉ LOOOOOOOOOOLLLLLLL".

Ah oui, pis, c'était évidemment la St-Patrick, ce qui a rendu le truc encore plus désagréable.

Moi, le gars qui n'a pas besoin de grand chose pour être enjoué, j'étais devenu le rabat-joie dans une foule de trop plein de gaieté. C'est ça qui m'a rendu down, de me savoir grincheux au point de vouloir m'isoler de vous pis d'votre jovialité que je continue de croire exagérée. Croyez-moi, j'ai systématiquement remis les choses en perspective dans ma tête, c'était moi le coupable. Pas vous. J'essayais de m'imaginer parmi votre foule pendant la parade, mais n'arrivais pas à voir comment j'aurais pu même décocher un sourire à l'arrivée du premier char allégorique. Vous étiez déguisés pis crissement trop énervés. J'avais envie d'vous demander comment vous faisiez pour simuler comme ça, parce que ça m'apparaissait évident que vous n'aviez aucune câlice de raison de fêter la St-Patrick. Pas au point de vous vêtir en farfadet. J'aurais peut-être dû vous poser la question, m'informer sur votre relation (gardée secrète) avec l'Irlande. J'vous aurais sûrement donné le bénéfice du doute si votre réponse m'avait semblé satisfaisante.

Ma présence parmi vous me rendait inéluctablement complice de votre euphorie collective. Gênant pour quelqu'un en beef avec tout c'qui lui apparaît faux.

Vous auriez avantage à doser votre joie de vivre en intégrant des éléments savoureux à votre quotidien (vélo, lecture, musique, yoga) plutôt que de devenir des fucking afflictions en nous déchargeant en pleine yeule UNE CRISSE DE GROSSE DOSE de bonheur incontrôlable dépourvue de charme, quatre fois par année.

Je vous déteste.