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Victime de la porn: fais pas d’argent avec tes fesses

Tout le monde a déjà regardé un concours de Miss Monde, Miss Univers ou Miss Whatever. Ces espèces de championnats de pitounes où on mate des chicks en bikini pour déterminer laquelle a la meilleure personnalité.

De plus en plus, un des problèmes qu’ils ont, c’est que les gagnantes finissent par accepter une offre trop alléchante ($$$) pour aller faire de la porn. On comprend pourquoi. Un cover de film qui dit «Saviez-vous que Miss Monde est vaginale?!», c’est vendeur.

Mais ce qu’on veut vendre avec le concours bidon, c’est de la crème antirides aux madames. Et dire aux madames: «faites-vous crémer comme une pornstar», ça sonne ambigu. On retire donc le prestigieux titre à la pouliche.

«Finalement bébé, ta personnalité était bof!»

Tu peux être hawt, tu peux être sexy, mais il y a une ligne qu’il ne faut jamais traverser ouvertement. Si tu veux te servir de tes fesses, il ne faut pas que ça paraisse. Il te faut un alibi qui permettra de prétendre que le concept, ce n’était pas de montrer ton cul.

Par exemple, Cœur de Pirate doit expliquer qu’elle a toujours tripé fort sur les pinups. Karine Vanasse doit rappeller la réputation prestigieuse et classe du magazine Esquire

Si t’es bonne vendeuse, tu peux peut-être t’éviter le gros du mépris. Mépris venant des décideux du bon goût. Ceux qui décident à combien de pouces de la noune une jupe devient trop courte ou à combien de conquêtes une fille devient salope.

Ils m’énervent, les décideux du bon goût. (Et c'est sûrement réciproque.)

Vous savez c’est quoi une ring girl? Dans les sports de combat, c’est la pitoune en short shorts qui vient nous montrer à quel round le combat est rendu. (Belle attention.)

La UFC a trois ring girls: Chandella, Brittney et Arianny. (Attends, c’est super pertinent.) Le mois passé, Chandella évitait le congédiement en présentant ses excuses parce qu’on a retrouvé des photos hardcore qu’elle a prises il y a 3-4 ans. Dans la même semaine, sa collègue Brittney faisait fièrement la couverture du dernier Playboy. Cherchez l’erreur!

(Un truc encore plus l’fun à chercher: Arianny pré-boobjob sur YouPorn).

Je pense que la limite, c’est quand les gens se branlent sur tes trucs. (Et comme plus personne ne se branle sur un Playboy en 2012, c’est OK.) Tu peux faire mouiller les gens, tu peux les faire bander, mais personne ne doit se toucher.

«Gardez vos mains sur la table, sinon on la crisse dehors!!»

Ça m’enrage qu’on diabolise autant le sexe. On devrait évaluer une société à la façon dont elle traite ses prostitués, ses pornstars et ses guidounes. Tout le monde s’en sert, et pourtant, personne ne les respecte. Si j’étais pute, c’est ce qui m’énerverait le plus. (Ça et les clients pas propres.)

On trouve que ce sont des emplois dégradants, mais le plus dégradant, c’est d’avoir à endurer tous ces gens qui les jugent et les traitent comme de la merde.

Tu peux travailler dans la marde à longueur de journée, on va dire que t’es un travailleur honnête. Tu peux congédier des centaines de personnes par année et tu seras considéré comme un féroce homme d’affaires. Mais vendre son corps? Jamais. On peut vendre son âme, mais jamais ses fesses.

On s’entend, la prostitution n’est le premier choix de personne. Rares sont les visages d’adolescentes qui s’illuminent chez l’orienteur en s’écriant «C’est décidé, je serai pute!» Mais quand même, il doit bien avoir moyen de respecter ces filles-là. C’est le plus vieux métier du monde. Et on est tous putes, non? Qui n’a jamais essayé d’obtenir quelques faveurs avec un peu de sexe oral, hein? Honnêtement, là!

Peut-être ai-je une vision trop romantique de tout ça…

Dans l’excellente série télé Firefly, les prostituées ont un titre noble. Je trouvais l’idée géniale. La perso est respectée et bien payée. Elle choisit ses clients, elle n’est pas exploitée par aucun charognard sale, personne ne l’insulte ou ne la regarde de haut. Au contraire!

Mais bon, c’est une fiction. Et malheureusement, bien souvent, la réalité, ça suce.