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Vous connaissez le Rallye des galeries? Une belle initiative qui remue l’art à Montréal

Pour la troisième année consécutive, artsScène Montréal et l’Association des galeries d’art contemporain (AGAC) ont organisé le 25 janvier dernier le Rallye des galeries, un événement phare de ces organisations à but non lucratif, visant à sensibiliser une centaine de jeunes professionnels au milieu de l’art contemporain. Transportés entre chaque galerie par des autocars, nous vivions presque une journée de camp de vacances, mais avec du jus de raisin davantage fermenté que celui d’antan. Art et vin, quelle indissociation opportune.

Pour entamer le Rallye, tout le monde se réunit à la Galerie Trois Points.  Les ourlets sont impecs, les coiffures ne bougeront pas même si l’ouragan Katrina surgit et tiens, je vois mon reflet dans la plupart des chaussures. Ishh, j’aurais dû prendre mon étui de iPhone en taffetas.

 


Wanda Koop, Tornado Alley (No News Series) // Acrylique sur toile (2011)

La Galerie Division, un immense espace à saveur industrielle où l'on peut admirer les œuvres de Wanda Koop, est absolument superbe.  En voyant les magnifiques toiles inspirées des scènes de nouvelles télévisées superposées à des formes géométriques aux couleurs de Vuarnet, on imagine une artiste de Brooklyn dans la vingtaine.  Après avoir eu droit à une explication détaillée du sommelier sur le vin qu’on déguste, on apprend qu’elle habite Vancouver et qu’elle a 60 ans.  Le fluo n’a pas d’âge.

 


Dominique Paul, Prométhée 3 // photographie, impression numérique, encres pigmentées de qualité archive (2010)

On se dirige ensuite vers la Galerie Éric Devlin, très chaleureuse avec ses poutres de bois et son espace plus compact.  On contemple les toiles de Marcel Saint-Pierre et les photographies de Dominique Paul où elle se met en scène devant des animaux empaillés et des toiles anciennes, vêtue d’une robe de bouteilles de plastique illuminée.  Elle explique qu’elle a voulu représenter un habit flottant dans le but d’être prête pour la montée des eaux.  Un genre de néo-arche de Noé individuel.  Pratique.

 


Rallye des galeries 2012 // Crédit: Christine Bourgier

Bref, le sentiment de bien-être que provoque le simple fait de se retrouver dans ces espaces sacrés exclusivement consacrés au partage de l’art visuel me rappelle à quel point on ne se déplace plus assez souvent pour aller l'applaudir.  Qu’un tableau fascine par la prouesse de la technique déployée ou parce qu’il semble avoir été produit en secouant le placenta de son dernier accouchement, il révèle une part de l’intérieur de l’artiste – dans le deuxième cas, littéralement – et ça, ça évoque toujours quelque chose de parfait.

 

artsscenemontreal.com | agac.qc.ca