+ Toutes les playlists

Bar Le Jockey: ressusciter une taverne pour l'amour du bartending

Crédit photo : Marine Anaïs Haddadi
Bar Le Jockey: ressusciter une taverne pour l'amour du bartending

Dans mon «jeune temps», j’étais barmaid. Du genre qui cale vite et qui fête fort. Mais tout ça, je le faisais surtout pour financer mes études universitaires, et j’avoue que je regardais (regarde) les barmen de 30 ans et + comme des bedonnants cernés au teint jaune-cigarette, qui ont pris un mauvais tournant sur la 440 de la vie. 

Pourquoi cette intro prétentieuse? Parce que le bar que je vous présente aujourd’hui a été conçu par d’anciens compagnons de comptoir qui, à la base, ne s’enlignaient pas du tout pour devenir des proprios de brasserie. J’avais même dit à l’un d’entre eux qu’il aurait droit à une claque s’il errait du Côté Obscur de la Force après 25 ans. Mais bon, le temps passe et nos convictions se ramollissent autant que les bédaines des barmen. Je n’ai donc pu résister à l’appel du foie pour inaugurer le nouveau lieu de débauche de la rue St-Zotique. Son nom: Le Jockey.

Baptisé en l’honneur de l’ancienne taverne de quartier qui vivait dans ces mêmes locaux depuis 1967, Le Jockey a conservé quelques symboles en souvenir du passé; des œufs macérés dans le vinaigre, des langues de porc… les plus nostalgiques pourront même y commander de la bière tablette. Pourtant, le bar a un style résolument moderne. Comme preuve, des écrans géants diffusent le hockey, et des mixologues et flair bartenders s’agitent le shaker en plus de faire quelques tours de pyrotechnie devant la clientèle ébahie.


Sur l’ardoise, un amalgame des influences de bar des quatre propriétaires. Une quarantaine de bières de microbrasserie et importées, des classiques revisités, comme le Smokey Ceasar; un bloody composé de bacon, d’épices à steak et de saucisson, ou encore une Roulotte russe avec guimauve flambée. Notons au passage que l'un des gars du bar, Pierre Gadouas, est qualifié pour la compétition canadienne de mixologie Made With Love. Dans la même lignée, des cours de flair bartending sont offerts au coût de 5$ les dimanches pour initier les amateurs, en plus d'une compétition mensuelle qui rassemble les gros joueurs.

Mais le plus important pour ces barmen en puissance, c’est que la clientèle ait accès à des produits de qualité dans une ambiance festive de la Petite-Patrie: «Pour nous, être barman, ce n'est pas un job temporaire. C'est un métier, voire même un art… Nous voulons démontrer notre talent dans l'art de recevoir les gens et de leur faire passer une soirée inoubliable.»

Malgré mes élans de fierté, il y en a un que j'attends toujours pour sa claque...


Le Jockey | 1309, St-Zotique | Groupe Facebook 
Heures d’ouverture: du dimanche au mercredi de 17h à 3h, et du jeudi au samedi de 15h à 3h
Soirée mensuelle d’humour « La Jokerie du Jockey »