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Le Détesteur: le syndrome du m'as-tu-vu

Depuis que 98% de mes amis et connaissances sont des gens dans le monde de la communication, je ne peux m'empêcher de critiquer le mode de vie de la moitié d'entre eux. Ceux qui se disent épicuriens. Sûrement toi aussi, lecteur de Nightlife.ca.

C'est à grands coups de «check-in» et d'envies pressantes de faire du name dropping que je les ai tous connus ces restos branchés du Mile End (ou pas). Je les connais tellement que j'pourrais passer une soirée complète à parler bouffe et vin avec Marie-Annick Boisvert. Et pourtant, je ne suis allé qu'à quatre d'entre eux.

Je n'ai rien contre les adeptes de bonne bouffe, c'est seulement que la plupart des gens visés par ce billet sont des personnes qui vivent souvent au-dessus de leurs moyens et/ou ont deux-trois jobs dans l'unique but de pouvoir continuer à s'offrir ce «mode de vie» qui, admettons-le, pourrait un peu être évité.

Je ne comprends pas ce besoin qui n'apporte visiblement rien de très tangible. Dépenser de l'argent pour un iPhone ou des vêtements, je peux comprendre, ça se conserve et c'est pratique. Mais bouffer dans tous les restos qui sont sur toutes les lèvres, 3-4 fois par semaine (et plus), à part un «check-in», j'me demande c'que ça peut vous apporter. C'est surtout que vous ne pouvez pas tant vous le permettre pis après vous pleurez que vous n'avez plus d'argent pour les choses essentielles. Crisse, vous faites des salaires plus que raisonnables, vous pourriez tellement vous procurer plus de choses que la plupart des gens, en couple. Qui ont des enfants.

L'autre jour j'étais avec une amie, rue St-Denis et on cherchait un resto rapide, pas coûteux, on the go, juste pour dire qu'on n'allait pas passer la soirée le ventre vide. Sur St-Denis, y'a que ça, des restos on the go. Une heure et demie. C'est le temps que ça a pris avant de s'arrêter à un resto qui n'était même pas sur St-Denis. Je vous rappelle que le but était d'épargner du temps et de l'argent. Double échec. Quand un général thaï de chez Thaï Express ne vaut même plus le détour pour une bouffe rapide...

Des fois, j'pense que vous avez cette impression non-fondée de faire partie de l'élite à chaque fois que vous vous précipitez dans les derniers restos «branchés». Ils ne sont pourtant pas clandestins, tout le monde peut y accéder. Probablement que quelques heures avant, un gars à la queue de cheval graisseuse était assis sur la même chaise que vous.

J'me dis même que j'pourrais lancer une fausse invitation au lancement d'un nouveau restaurant, qui par soucis de créativité (parce que dès qu'y'a un semblant de créativité, vous êtes gagnés d'avance), pourrait offrir du jus de raisins en guise de vin, du fromage en tranches pour remplacer le fromage de chèvre et une pizza pochette comme repas principal. Ça marcherait tellement. Malheureusement. C'est facile à ploguer dans une conversation qu'on a mangé dans ce genre de LOL-resto.

Anyway, on se voit là-bas.

Je vous déteste.