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Éthique urbaine
8 novembre, 2011 - 10:10

Éthique urbaine: préjugés mal fondés? No thank you!

Depuis notre plus tendre enfance, à chaque fois qu’on essaie de se faire un look pour une occasion, y’a toujours un smatte dans notre entourage pour nous dire que c’est pas ça le but, voyons donc! Au secondaire, dès nos premiers soubresauts de maquillage et de remontage de jupes, nos mères se faisaient un devoir de nous dire que l’école, c’est pas fait pour cruiser, mais pour é-tu-dier. 

Un petit coup de gloss pour notre sortie de ski alpin? Crime contre la nature: qu’est-ce que tu fais là, tu t’en vas faire du sport! Plusieurs de mes amies, (par jalousie peut-être un peu), n’ont pu se retenir de me faire des remarques sur le fait que j’étais «overdressed» ou que le budget que je consacrais aux fringues (mon Dieu que ce mot sonne mal dans ma bouche, mais je l’écris pareil) était ridicule.

Dernièrement, je m’interrogeais publiquement (sur FB) sur comment m’habiller pour un conventum. Toute fille qui s’assume en fille, sait pertinemment que tu t’en vas jamais dans ce type de réunions pour pouvoir crier haut et fort un «Regardez comment les 20 dernières années m’ont maganée! Pis comment je fais dur! J’ai pris 40 livres, t’es as-tu vues?» I don’t think so.

Toujours est-il que pendant que j’hésitais entre le look avocate-cochonne et busy-artsy, un ami tient à me souligner que je devrais «aller dans un conventum pour voir les gens que j’aime et non pas pour aimer me faire voir». OK dude, c’est pas qu’on s’en c*lisse des belles amitiés, je comprends ça très bien, mais tu me niaises-tu? Penses-tu vraiment que ça passe pas dans la tête de toute personne normalement constituée que de vouloir faire baver ses ex et les hawt girls du secondaire?

Ceci étant dit, personnellement, ça m’a toujours vraiment écoeurée de me faire faire la morale sur mes looks, ou sur l’énergie que je consacre là-dessus ou encore sur le nombre de paires de chaussures que je possède. Il est temps de dénoncer cette attitude «shoesogyne» et de démystifier ces préjugés qui empoisonnent notre existence. En tout cas, la mienne.

Préjugé #1 C’est pas parce que je m’efforce de pas avoir l’air du criss sur une base régulière que a) je suis une cochonne qui cherche à se faire fourrer à toute heure du jour ou que b) ça va mal avec mon chum pis que je veux me pogner quelqu’un. Mais en même temps, c’est aussi faux et hypocrite de dire «Je m’habille juste pour moi, pas pour les autres». Il n’y a personne sur la terre qui s’habille juste pour être bien dans sa peau. La preuve? Quand je suis chez nous pis que personne ne me regarde, je suis en vieux sweatpants Roots pis toi aussi, avoue. Quand on sort pis qu’on s’habille, on veut être beau. On veut être remarqué. On dress to impress. On veut être désiré certes, mais c’est pas tout.

Préjugé #2 C’est pas parce que j’ai 200 paires de chaussures que j’ai pas de valeurs pis que je suis forcément une mauvaise personne, superficielle un max. Honnêtement, quand tu regardes ma collection – georgeous, BTW-, en te plaçant la main sur la bouche avec ton air dédaigneux de fausse Green Pisseuse socialiste d’Outremont, en ajoutant que toi, t’aurais jamais le temps pour ces futilités, tu m’insultes et tu juges mon passe-temps favori. Moi, j’t’écoeure-tu avec ton scrapbooking pis tes vins et fromages? Mes enfants sont polis, élevés, entraînés. Je travaille, je recycle, j’essaie de faire du sport, et de me cultiver. Y’a une pièce à mon nom chez Sun Youth. J’écoute Occupation Double en même temps que TLMEP et je perds ma vie sur Facebook PIS j’ai 200 paires de chaussures. Not bad for the same 24 hours that you have?

Préjugé #3 et ses dérivés: Tsé, c’est pas parce que t’es laide que t’es intelligente. Le savais-tu? C’est pas parce que t’aimes la mode que t’es une tarte. C’est pas parce que t’aimes la mode que t’es intelligente. C’est pas parce t’es belle, intelligente pis que t’as 200 paires de chaussures que t’es forcément une salope.