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Cœur de pirate redécore sa musicothérapie avec Blonde

«Hey attends une seconde, je suis en train de poser du tapis avec ma mère…»

Si vous pensiez que Béatrice Martin se rongeait les sangs en attendant la sortie de son Blonde: non, elle pose du tapis. «J’essaie de faire le vide, mais j’avoue que si je m’arrête deux secondes et que j’y pense, je dois être pas mal stressée!»

Stressée peut-être parce qu’elle a été propulsée au sommet des palmarès avant d’avoir l’âge d’acheter de l’alcool aux États-Unis et que son premier disque s’est retrouvé dans plus de 600 000 iTunes… «C’est sûr que j’ai beaucoup d’attentes. De nos jours, un deuxième album, c’est un peu make it or break it…»

Pour ce make or break, l’auteure-compositrice-interprète continue à mettre en textes sa dissection des relations amoureuses plus ou moins fructueuses (souvent moins), au point où artistiquement, le bonheur serait une mauvaise nouvelle. «Ouin! La raison pour laquelle j’écris, c’est aller mieux! Mais y’aura toujours un sujet, quitte à revisiter.»

Ces textes, pour Blonde, elle a décidé de les enrober d’arrangements plus fournis. Bien qu’elle avait tâté de cette façon de faire avec Armistice, projet qu’elle menait avec son copain de l’époque, Jay Malinowski (Bedouin Soundclash) et les musiciens de The Bronx, ce n’est pas cette expérience qui l’a guidée. «Pas pour les arrangements, mais toute l’histoire d’Armistice m’a influencée. Disons que ça m’a fait écrire des tounes». Si vous ne saisissez pas la référence, relisez le début du paragraphe précédent.

Entourage
Musicalement, ce sont plutôt les longues heures de tournée qui ont nourri l’artiste. «J’ai écouté plus de musique dans les trois dernières années que dans toute ma vie et ça m’a beaucoup inspiré. J’ai aussi écrit des chansons en fonction du style de musique que je voulais faire. Avec ‘’Ava’’, je voulais faire une chanson dans le style des Platters

Beaucoup de gens sont venus aider à enrober les pièces: Howard Bilerman (qui coréalise avec la chanteuse), le saxophoniste Colin Stetson, l’auteure-compositrice torontoise Basia Bulat, le Quatuor Molinari, les Petits Chanteurs de Laval... Elle a même linguistiquement défroqué Sam Roberts pour la pièce «Loin d’ici». «Je ne veux pas collaborer avec des gens juste pour collaborer, c’est vraiment des gens que j’aime beaucoup. J’ai pris mon courage à deux mains et je leur ai demandé.»

Si l’aide est acceptée à la musique, Béatrice se garde les textes, puisque ça irait à l’encontre de l’idée thérapeutique du projet de chanter les mots de quelqu’un d’autre. «Je ne pourrais pas faire ça. Je trouverais ça bizarre. À moins de faire une reprise, mais pas sur un disque de Cœur de pirate

On the road
La France l’attend avec une brique pis un fanal, mais il y a aussi de plus en plus d’intérêt des marchés anglophones. Un peu à la Malajube, elle ira faire un tour au sud de la frontière. «Peut-être pas aussi intense que Malajube parce que moi, je ne suis pas un gars! Être en van pendant des heures et ne pas prendre de douche pendant deux jours, j’aime pas ça!»

Et la suite? L’artiste mentionne qu’elle aimerait peut-être prendre une pause dans un futur pas trop lointain pour faire des choses normales, comme aller à l’école.

En attendant, je la laisse faire le vide (i.e.: poser son tapis) jusqu’au 8 novembre, soir de son lancement hélas déjà sold out, mais qui sera suivi d’une supplémentaire le 24 février au Métropolis.

Cœur de pirate
8 novembre | Rialto
5723 Du Parc

24 février | Métropolis
59, Ste-Catherine E.
coeurdepirate.com