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Without: solitude et démence font si bon ménage

Without ★★1/2

 

Premier film de Mark Jackson, Without dresse l’intime portrait de Joslyn, 19 ans, qui débute un emploi temporaire d’aidante à domicile. Le cadre: une grande maison isolée sur une île placide de la côte ouest américaine, avec comme seul compagnie un vieillard en chaise roulante, au bord de l’inertie.

Pas d’Internet, pas le droit d’écouter autre chose que le Fishing Network. Les journées se ressemblent, alors que Joslyn nourrit, lave et traite son nouveau colocataire au mieux de ses capacités. Mal dans sa peau, la jeune fille use de ses temps libres pour faire des séances effrénées de cardio ou pour admirer les quelques photos qu’elle possède de sa petite amie.

Mais plus le temps passe, plus la routine devient malsaine. La solitude est de plus en plus palpable, et la paranoïa s’installe. Tranquillement mais sûrement, Joslyn dérive vers une instabilité psychologique amplifiée par les mouvements de caméra. Le vieux est-il vraiment paralysé? Quelle est cette blessure qui recouvre le dos de Joslyn? Pourquoi le téléphone portable de la jeune femme est déplacé durant la nuit? Autant d’angoisses qui rendent le personnage de plus en plus suspicieux et inquiétant.

Dans ce premier essai inégal, on aborde le statut d’aidant, la claustration, l’homosexualité, le rapport au corps, la déviance sexuelle, la folie… mais c’est surtout sur le thème de la mort que le traitement se démarque, alors que Joslyn perd pied dans l’absurdité de la routine suite au décès d’un être cher.

 

Présentations dans le cadre du FNC:
19 octobre à 17:00 et 20 octobre à 21:30 | Ex-Centris salle Fellini
nouveaucinema.ca