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Pop Montréal jour 3: Jean Leloup et les changements de climat abrupts

Comme la veille avec concert gratuit d’Arcade Fire à la Place des festivals, un autre gros rendez-vous s’imposait en ce troisième soir de Pop Montréal: le lancement du projet The Last Assassins de Jean Leloup au Rialto. Bien que les pièces du nouveau groupe aient été bien en évidence, c’est davantage à un concert de Leloup qu’on a eu droit. Du Leloup semblable au concert Il est trop tard Johnny Guitar, présenté fin 2009 – entouré sensiblement des mêmes musiciens, très porté sur le jam et les versions allongées, allumé quoique musicalement clean –,  mais avec une plus forte concentration de vieux matériel. «Laura», «Cookie», «Edgar»… Voilà des chansons qu’on ne l’avait pas entendu jouer depuis longtemps! Et encore, je n’ai pu attraper que la première heure et demie du concert (abondance du festival oblige), qui s’est apparemment poursuivi pour une heure de plus, avec encore plus de vieilles chansons… Cela dit, le plaisir de retrouver les classiques était applani par le matériel des Last Assassins, livré à coup d’une nouvelle chanson pour chaque hit. C’est pas vilain, les Last Assassins, mais ça reste du rock typique, prévisible, un brin théâtral.

Arrêt suivant: le quatuor soul de l’âge d’or des années Motown The Velvelettes au Cabaret du Mile-End. Disons qu’il ne reste plus grande ferveur dans la dégaine des pionnières. Geste hésitant, kitsch au possible, chant soigné, fatigué et surtout, un groupe d’accompagnement beaucoup trop propret pour induire un party comme l’avait fait Lee Fields il y a deux ans… Va pour la classe, mais le résultat était beaucoup trop mou pour donner envie de rester. Après Leloup, quelque chose de plus fringant s’imposait. Apparemment, Ralph «Soul» Jackson, qui se produisait juste avant les Velvelettes, a beaucoup mieux réussi si son coup.

Plus au sud, au Club Lambi, le trio horror rap californien Death Grips n’a certainement pas eu le même problème. MC déchaîné, batterie frénétique, boucles dissonantes… Le groupe a pleinement fait honneur au son chaotique de sa mixtape Exmilitary devant une salle pleine, clairement sur la même longueur d’onde. Oddfuture à côté, c’est de la petite bière.

La soirée s’est terminée encore une fois à l’Église Saint-Édouard avec le flamboyant Vockah Redu (en photo) et ses danseurs. Musicalement, il n’y a pas grand-chose à aller chercher chez le personnage… Du sissy bounce entièrement préenregistré, saupoudré de slogans festifs plutôt faciles. L’expérience a tout du show de drag queens de luxe, mais à deux heures du matin, après une soirée de musique passablement sérieuse, c’est suffisant. On rit. On se trémousse.

Plus tôt en soirée, aux 3 Minots, j’ai enfin pu voir le combo montréalais de post-rock instrumental Sweet Mother Logic, dont on parle de plus en plus sur la scène locale. Effectivement, le groupe se distingue de la masse de groupes du genre avec son approche plus légère et mélodique et son utilisation judicieuse du clavier. Il reste cependant beaucoup d’austérité et de précision jazz dans sa démarche.Trop pour qu’on s’abandonne complètement. On a quand même hâte d’entendre son nouvel album à venir, apparemment en novembre.