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Osheaga jour 2: le calme après la tempête

Crédit photo : Simon Gosselin
Osheaga jour 2: le calme après la tempête

Après la prestation enlevante de Janelle Monáe et celle, pénétrante, de Timber Timbre la veille, cette seconde journée de la sixième édition d’Osheaga s’est avérée bien calme, voire un peu drabe. Pas de grand moment parmi les concerts attrapés, pas de show à tout casser.

Mauvais choix d’itinéraire? Fort possible. Arrivé tard, je me dirige vers la scène Piknic Electronik pour entendre l’Ontarien Egyptrixx, au demeurant intéressant sur disque, mais me bute au fossé entre le climat hivernal et profond de sa musique versus la splendide température estivale de la journée. C’était comme manger un cornet de crème glacée dehors un soir de février à -30. Après quelques minutes devant l’indie-pop anglophile et générique de Twin Shadow, Suuns a fourni l’un des rares vrais bons moments à la scène des arbres, surtout avec ses tubes «Arena» et «Up Passed the Nursery». Sombre, pulsatif et mélodique, son mélange de post-punk et d’électro semble tout à fait passe-partout. Le courant a passé.

En tant que fan de Six Feet Under, il fallait bien aller rejoindre Sia à la scène verte pour les dernières chansons de son concert. Beaucoup de ressortissants australiens dans la foule (qui s’assuraient de se faire remarquer), mais peu de rebondissements dans la pop convenue au possible et le chant inutilement maniéré de l’artiste de «down unda». Même son gros tube, «Breathe Me», est passé sans un frisson (quoique la fille en larmes derrière moi n’ait pas semblé d’accord). Sans Claire au volant, point de salut.

Agréable sursaut rock avec les Ontariens de PS I Love You, quoique le live ne soit pas le meilleur contexte pour apprécier leurs tubes, à mon sens. Paul Saulnier est un excellent guitariste, mais un piètre chanteur et il peine à mener les deux tâches de front.

À la scène principale, les retrouvailles du public montréalais avec Death From Above 1979, disparu depuis 2006, ont été vibrantes à souhait. Le tandem a beau être aussi brouillon qu’avant sur scène (sans compter que la formule duo rock souffre invariablement sur les grosses scènes),  c’était vraiment le concert de la journée. Sébastien Grainger et Jesse F. Keeler avaient manifestement du fun à retrouver leur stoner-punk dansant et de nombreux fans au-devant de la scène dansaient/trashaient en mimant les paroles des chansons. Parmi celles-ci, la mémorable «Romantic Rights».

Après ça, dur de se contenter de l’électro à guitares primaire de Ratatat ou de l’indie-folk geignard de Bright Eyes. L’un comme l’autre semblait s’adresser à des clubs sélect dont je ne faisais pas partie. Notons la mauvaise assignation des scènes: peu de fans devant Bright Eyes, qui occupait la seconde scène de la zone principale, et beaucoup trop devant celle de Ratatat, qui occupait la minuscule scène vert au fond du site. Ça aurait clairement dû être l’inverse.

Puis, le cas Elvis Costello. Malheureusement, le rendez-vous n’a pas eu lieu. D’une part parce que les fans manquaient à l’appel – au-devant de la scène principale, à peine un dixième du terrain était occupé. Triste. Ensuite parce que de tous les angles que le vétéran aurait pu prendre pour survoler son vaste répertoire, il a opté pour une sélection plutôt «rock de bar» mal adaptée au public d’Osheaga.

Après quelques classiques («Watching the Detectives», «Allison»), il a survolé des pans plus obscurs, mais pas très mordants, ni très mélodieux, de son catalogue. Quand «Radio Radio», «Pump it Up», «Mystery Dance» et «(The Angels Wanna Wear My) Red Shoes» ont enfin fait surface, à la fin, il était déjà trop tard. Il manquait à son arsenal le mordant punk originalement contenu dans ses vieux titres, une représentation de sa facette plus pop (pourquoi pas «Veronica»?) et quelques extraits d’albums plus récents qui auraient très bien pu connecter avec l’auditoire d’Osheaga: Brutal Youth, When I Was Cruel ou mêm le plus récent National Ransom.

Dernière journée aujourd’hui… On a hâte aux Flaming Lips!