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Osheaga: le grand pique-nique musical estival

En musique comme en alimentation, il faut consommer différents groupes de produits pour garder la santé. Devant la traditionnelle abondance du bal Osheaga, aborder la programmation selon nos trois grands besoins de mélomanes n’est donc pas une mauvaise idée. Voici donc ce que le guide alimentaire nightlifien vous recommande de mettre dans votre boîte à lunch*:

L’impact
La vocation première d’Osheaga: gros trucs rock, indie ou pas, lourds ou médium saignants, d’hier et d’aujourd’hui. La tradition se poursuit le vendredi avec le collectif emblématique de l’indie-rock canadien Broken Social Scene, sa relève toute désignée, The Rural Alberta Advantage, et l’un des meilleurs groupes rock de l’heure, les Montréalais Uncle Bad Touch. Le samedi, leçon du maître Elvis Costello, qu’il fera bon entendre ressasser son matériel rock (on présume) après ses participations plus «adultes» aux récentes éditions du Festival de jazz; résurrection anticipée des aussi éphémères que marquants Death From Above 1979; destruction totale avec Fucked Up et enfilade de quelques-unes des meilleures recrues locales des derniers mois avec Suuns, Passwords et Jesuslesfilles. Dimanche, c’est indie 101 avec Death Cab for Cutie, Beirut, Malajube, The Pains of Being Pure at Heart, PS I Love You et The Luyas, avec teintes plus classiques gracieuseté des Eels, Jimmy Hunt et Elephant Stone.

Le beat
Voici un parti du menu qu’Osheaga a considérablement étoffé. Jadis décorations exotiques dans une mer d’indie-rock, le hip-hop, l’électro et leurs cousins font bonne figure dans cette sixième édition, jusqu’à composer l’essentiel du couvert du vendredi: le blanc-bec fâché fâché Eminem, la cosmique et flamboyante Janelle Monáe, les rois des années 90 Bran Van 3000, le tandem italo-disco pas italien ni vraiment disco Glass Candy, le duo de hip-hop singulier The Knux et la meilleure chose à être arrivée au hip-hop local, Alaclair Ensemble. Samedi, mis à part pour le rap léché de Lupe Fiasco et le funk damné de DâM-Funk, on frémit électro, house, disco et dubstep: les bidouilleurs à guitares de Ratatat, l’ambassadeur local du UK Garage Jacques Greene, l’Ontarien Egyptrixx et les polyvalents Seb Diamond et DUVALL. Le dimanche, on parie sur beaucoup de fumée pendant Cypress Hill, beaucoup de cris pendant l’électro-punk de Crystal Castles, des tempos lents pendant Jamie xx, des phrases compliquées pendant Shad, des rythmes déchiquetés pendant Robot Koch et des cœurs gros pendant le post-dubstep émotif de Baths.

Le vol
Loin de nous l’idée d’endosser quelque activité illégale que ce soit, mais si jamais une quelconque substance récréative venait à se trouver ailleurs que dans votre bière, il y a de meilleurs moments pour en profiter que, disons, pendant la prestation de Sam Roberts. Suggérons plutôt de le faire au son des guitares volantes et de la voix d’outre-monde de Timber Timbre ou du folk atmosphérique des Barr Brothers, vendredi; de la pop expérimentale aussi éthérée que fourmillante de Braids le samedi ou du folk vaporeux et imprévisible de The Low Anthem le dimanche. Le moment hallucinogène entre tous risque cependant d’être pendant que les Flaming Lips vont faire LE classique des classiques indie-pop, l’un des meilleurs albums des années 90 et déclencheur incontesté de la mouvance pop orchestrale de la dernière décennie: The Soft Bulletin, pièce maîtresse datant de 1999 jouée intégralement durant leur prestation en tête d’affiche le dimanche! 

*=Les boîtes à lunch ne sont pas admises sur le site d’Osheaga. C’était une analogie, duh.

Osheaga
29-31 juillet | Parc Jean-Drapeau
Île Sainte-Hélène

Également: Osheaga en ville du 27 au 30 juillet
osheaga.com