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Betina Lou: la créatrice de mode Marie-Ève Emond chérit le vintage intemporel

La créatrice de mode Marie-Ève Émond chérit les icônes du passé, de Katharine Hepburn à Jackie Kennedy, ces femmes qui, comme elle, rayonnent par leur charme discret et irréprochable. Normal alors que la jeune femme ait opté pour le nom de ligne Betina Lou, en référence à Bettina, modèle et muse pour Dior, Givenchy et compagnie dans les années 50. «À cette époque, les mannequins étaient beaucoup plus que des mannequins. Bettina participait au développement des collections avec les designers. Tous les ajustements se réalisaient sur elle.» Cette façon de faire marque également Marie-Ève Émond qui approuve ses créations avec des modèles de tous gabarits afin de trouver les meilleures coupes possibles, ces petits détails qui font toute la différence.

 

Recycler le temps

Son amour pour le passé, l’héritage des années 30 jusqu’aux années 70, se constate même dans l’aménagement du studio d’artiste qui surplombe la track de chemin de fer. De massifs classeurs gris dignes des bureaux d’autrefois, des chaises chinées avec goût, un service à thé blanc et or qui aurait pu appartenir à une grand-mère. «Ce n’est pas une quête de vintage pour le vintage. Notre génération est plutôt à la recherche de ce qui est classique, de ce qui dure. On réagit peut-être à cette époque où tout va vite, où le temps est accéléré par les technologies. Aussi, avec Betina Lou, je valorise les tissus qui durent, des boutons en cuir, des couleurs neutres, terre, noir ou bleu marin.» Ce souci de la qualité, des choses bien faites, se réalise aussi par cette fabrication à Montréal, le suivi précautionneux d’Émond pour toutes les étapes de la production et cette envie de créer des pièces passe-partout intemporelles.

C’est aussi pour cette raison que Marie-Ève a pris tout son temps avant de démarrer sa propre entreprise. La femme a fait ses classes au Collège LaSalle et ensuite chez Mackage, où elle a occupé mille et un postes différents au cours des ans, de directrice de la production à dessinatrice pour Soïa & Kyo. Elle fait enfin le grand saut en 2009. «J’ai toujours su que je ferais de la mode, que je partirais ma propre ligne de vêtements. J’étais une petite fille qui raffolait des tissus. À huit ans, je confectionnais les robes de mes Barbies. Le cliché, quoi! Et puis, travailler pour soi est un modèle que je connais grâce à mon père. J’ai vu qu’on travaille fort, mais en même temps, qu’on a plus de liberté et qu’on fait ce que l’on aime.» Et ce, pour le plus grand bonheur des adeptes de mode à la recherche de ce style qui transcende les saisons.