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Malajube
30 mars, 2011 - 5:05

Malajube: retour au primal, simplicité idéale dans la Caverne

On le sait, Malajube est le groupe à réaction par excellence. Chaque geste est le contrecoup du précédent. Un excès inverse. Comme l’ex-alcoolique qui vire born again, quoiqu’avec des conséquences plus heureuses.

Ainsi, Le Compte complet (2004) était l’expression artistique pure et Trompe l’œil (2006), sa réponse pop. Labyrinthes (2009), c’était l’inévitable tir dans la direction inverse: un album lourd, sombre, élaboré, signe d’un groupe cherchant à repousser ses limites. Quoique, comme l’avoue aujourd’hui Julien Mineau: «c’était moi qui voulais fuir le succès. C’était vraiment ça», souligne-t-il à la mention de la tournée américaine de 2008 qui, selon lui, «a brisé tous les rêves».

Si ça se trouve, son plan a fonctionné: après les 50 000 copies écoulées de Trompe l’œil, Labyrinthes n’a trouvé que 20 000 fois preneur. Un recul dont Mineau se formalise peu: «y’a la drop du marché qui a joué là-dedans. C’est quand même satisfaisant. C’est sûr que ça serait le fun d’avoir une toune à la radio pis d’être millionnaires. Mais c’est pas ça que je souhaite. Je préfère que ça continue en succès relatif, comme on a là.»

Si Malajube a voulu répondre à quelque chose avec La Caverne, son nouvel opus à paraître le 19 avril, c’est davantage à «la vibe négative et repoussante» (dixit Mineau) de Labyrinthes. «Y’avait aucun rayon de soleil, là-dessus. Le genre d’album qui dit: ‘‘j’ai manqué ma vie’’. C’est con, j’ai déjà dit qu’on s’écœurait vite des tounes joyeuses et faciles, mais on a vite ressenti le contraire.» Établi depuis 2007 à Sainte-Ursule, en banlieue de Trois-Rivières, Julien baigne par ailleurs dans un milieu pauvre et a senti le besoin de pondre «des chansons d’amour pour le monde qui en ont de besoin». À la manière Malajube, évidemment: «pas l’amour pour un homme et une femme, là…»

Un résumé
Il qualifie sans équivoque La Caverne de «cheesy» et «dance», cite Michael Jackson, Phil Collins... À force de faire de la route et d’écouter la radio, il dit avoir pris plaisir à la pop jetable qu’on y entend. «Y’a tellement de bands qui font des trucs fuckés, poussés… J’ai passé ce point-là de ma vie.» D’un autre côté, il se félicite du retour des guitares à l’avant-plan, estime que derrière cette «formule plus simple» se cachent «plus de détails». «C’est sûr qu’il y a une expérience qui est là. C’est peut-être plus un résumé de ce qu’on a fait jusqu’à maintenant qu’un pas en avant.»

Tout cela cadre, selon Julien, dans une thématique de retour au primal qu’illustre le titre. Mais «primal» ne veut pas dire «facile». Selon lui, Malajube arrive encore à se surprendre. «C’est la même intention qu’avant, mais on réussit mieux, on s’améliore. C’est plus droit que jamais, on est des meilleurs musiciens. Ça ne veut pas dire qu’on veut que ça soit plus vite ou plus compliqué.»

«On a peut-être fait les deux tiers de ce qu’on a à faire. L’idéal, ça serait de continuer comme ça, à faire un album aux deux ans, jusqu’à ce qu’on meure!»

Malajube
19-20 avril | La Tulipe
4530, Papineau
www.malajube.com