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Éthique urbaine: IN & OUT

Évidemment, on trouve tous que les chroniques In and Out, c’est out. Moi la première. En plus, on sait pertinemment que dénicher des tendances du type la laitue iceberg est à la mode, c’est pas mal du n’importe quoi. Et pourtant, quand tu publies ce genre de chronique sur le web, tu réalises que c’est toujours parmi les «posts» les plus performants du mois. Eh oui, des dos and don’ts, des tops 10, pis des photos de filles qui se frenchent, ça fait ben ben ben des pages vues. Faut croire qu’on est tous une gang d’hypocrites qui font semblant d’aimer les arts et culture, mais qui, dans le fond, se nourrissent de Cheetos pis d’articles avec le mot «douchebag» dedans. On fera donc pas semblant ici d’être du monde qu’on n’est pas, pis on va faire une chronique «In and Out» bête de même. 

 

C’est In dans tes relations sociales en réseaux de modérer ton intensité, ta fréquence, de nettoyer tes albums photo et de deleter tes amis superflus. On comprend tous maintenant que ce n’est pas un concours de popularité et que, plus t’es actif en ayant rien à dire, plus t’es loser à la face du monde. C’est Out de te faire des photos de profil à bout de bras avec une bouche de truite, de créer des mystères avec des statuts du genre «Enfin…» ou «Nobody puts Baby in a corner» et de t’updater à tout bout de champ sur l’humeur ou la nuit de ton bébé, ta job qui t’écoeure, la fin de semaine qui s’en vient. Mon conseil pour savoir si t’es une nuisance 3.0: relis tes status boutte à boutte pis compte les amis que t’avais dans la vraie vie AVANT pis que soudainement, tu vois pu.

 

C’est In à table d’avoir des manières. Sérieusement, comment tu déposes ta fourchette, tu coupes ta bavette, t’égraines ton pain dans l’assiette du voisin, en dit long. Point. C’est Out de «nomenclaturer» les plats comme s’ils étaient sortis tout droit d’un recueil de Nelligan ou encore de présenter au menu une poutine aux Smarties. Les beaux gosses chefs mariés à des genres de Patricia Paquin? La tendance s’éteint doucement pour cause de trop de sourires en coin et de tape-à-l’oeil dans l’estomac. Enfin, selon mon amie Véronique, il faut que je vous dise que l’huile de truffes est out parce que c’est juste pas bon pis y’a pas de truffes dedans.

 

Ah pis tu te sacres un peu de ce qui en In, right, tu veux une rafale de Out, c’est ça? Ok, here you go. Les douchebags en tant que douchebags sont out, il faut leur trouver vite un autre nom parce qu’il en faut tout de même. Les cheveux de Fergie sont tellement out que ça me laisse bouche bée à chaque fois. Le gaz de schiste, pour ou contre, c’est out, c’est comme si on s’était tanné vite de ça, j’sais pas pourquoi. Les cupcakes, macarons, c’est cute mais tellement fini, on est déjà rendu au sucre à la crème. Les shows de télé sur les hoarders, les Jersey Shore, les teen moms, les drug addicts et les obsessifs compulsifs, we got the picture, on comprend qu’il y a du monde fucké en estie, merci. Les filles mi-hipsters qui trippent sur les vidéos de chats, enough. Chatroulette, c’est vraiment 2010 et Twitter aussi. Les jokes sur Denis Coderre qui tweete, arrêtez-moi ça quelqu’un. Les expressions comme: Tellement! Quand même! Vraiment. Hawt. Chaude: ça oscille entre une émission de Vrak et une ado qui joue à la cochonne. Les humoristes qui ont comme prénoms François, c’est plus que out, c’est débilitant. Ouf, j’arrête ça là, tant de «hate», ça me déprime moi-même.