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Tuyaux-concerts: Tim Hecker, Lunice et Grenadine

Quel dommage, quand même, qu’en 2011 le terme «musique expérimentale» fasse encore aussi peur. Pourtant, l’univers expérimental est tout à fait comparable à une ballade de santé dans un quartier inexploré. Une activité simple, saine et agréable à laquelle même nos grands-parents s’adonnent. Tout le monde aime élargir ses horizons de temps à autre. Pourquoi en irait-il autrement pour la musique? Soit, il y a le risque d’aboutir dans un recoin sombre, hostile et dangereux. Mais il y a aussi plein de destinations paradisiaques à découvrir.

Il y a certes de la noirceur dans le monde de Tim Hecker, mais il y a davantage de beauté et de confort, du moment qu’un peut trouver un peu de poésie dans la rudesse des éléments. Son univers à lui s’apparente davantage à un paysage hivernal. C’est plus vrai que jamais sur son tout nouvel opus, Ravedeath, 1972, à paraître lundi prochain chez Kranky. Enregistré dans une église en Islande, il comporte moins de distorsion que les albums passés du monsieur et laisse entrevoir le calme figé des étendues gelées. Une trame sonore pas vilaine pour les temps qui courent, disons. Figure reconnue internationalement dans les cercles expérimentaux, électroniques et ambient, Hecker se produit plutôt rarement dans sa propre ville. La date de ce jeudi, 10 février à la Sala Rossa est donc à ne manquer sous aucun prétexte.

Hecker, qui peint ses toiles avec un assortiment d’effets, de guitares et de claviers ainsi qu’un laptop, se produira en première partie de l’Américain Colin Stetson, tout aussi aventureux, mais s’exprimant avec des moyens nettement plus restreints: un saxophone. Si on a toutes les raisons de se montrer sceptique devant l’association des mots «saxophone» et «musique expérimentale», on change vite d’idée une fois qu’on a entendu ses albums, New History Warfare Vol. 1 (paru en 2009) et le nouveau Volume 2: Judges, à paraître le 22 février. Non, Stetson ne donne pas dans la musique actuelle dissonante, mais bien de luxuriantes mélopées atmosphériques qui ne sont pas sans rappeler celles de Hecker. Vous l’avez sûrement déjà vu ou entendu avec Arcade Fire et Bell Orchestre, qu’il a accompagnés sur scène et en studio… Son propre matériel est néanmoins à des années lumières de cela. À voir.

Alors on danse
C’est bien beau, tout cela, mais quand retentit l’appel des hanches, aller vers des musiques trop cérébrales revient à proposer une assiette de bacon à Georges Laraque. Quand ce signal retentira, ce vendredi 11 février, mieux vaut flairer du côté des spécialistes locaux en beat, heureusement réunis en un seul programme alléchant au Club Lambi: Lunice, Jacques Greene et Ango, joints par leurs invités américains Cubic Zirconia et Machinedrum. Hip-hop, électro et house de qualité à l’horizon, servi en live, s’il vous plaît! Lunice et Jacques Greene (alias garage-house du whiz-kid Hovatron) ont particulièrement le vent dans les voiles depuis la parution récente de leurs EP respectifs sous étiquette écossaise LuckyMe. Les deux valent la peine, dépendant si vos préférences vont davantage du côté hip-hop (Lunice) ou house (Greene).

De l’autre côté du spectre musical se trouve la pop, simple et pure. Parfois, c’est ce qui s’impose. Surtout un 13 février, veille de la Saint-Valentin. Pour se mettre dans l’ambiance romantique ou soigner son petit cœur blessé, rien de mieux que les mélodies sucrées de Grenadine, nouveau projet de Julie Brunet, qu’on a vu et entendu aux côtés de Cœur de pirate, Le Husky, Carl-Éric Hudon et tant d’autres. Dans les dernières semaines de 2010, la demoiselle a lancé un petit bijou de premier EP entièrement gratuit via son site bandcamp. Elle monte sur scène nous présenter la chose (et celles qui suivront cette année) dans le cadre des dimanches Déplogue, au Quai des Brumes, en 5 à 7. Entrée tout aussi gratuite que la galette. Thématique.

Également au programme: Jim Bryson & the Weakerthans Band avec Daniel Romano et Daniel Ledwell, jeudi 10 février au Cabaret du Mile-End; Sweetheart Sebastian avec les Deerbunnies, Keyboardforyou et Plastic Drugs, samedi 12 février à l’Esco; Gigi French et Ève Cournoyer, samedi 12 février au Divan orange; Ralf Wiggum et Lac Estion, dimanche 13 février dans le cadre de la Saint-Valentin du label Poulet neige; Cardinal, Myëlle et Eugène et le Cheval, lundi 14 février au Lion d’or dans le cadre des Francouvertes; Caloon Saloon et Sunny Duval, lundi 14 février au Quai des brumes; Biffy Clyro et Moving Mountains, mardi 15 février à la Sala Rossa.

Un immanquable? Colin Stetson et Tim Hecker, jeudi 10 février à la Sala Rossa.