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Roberto Devereux : les jeunes et l’opéra font-ils bon ménage ?

Lorsque l’Opéra de Montréal a proposé à un journaliste de NIGHTLIFE d’assister à la représentation de Roberto Devereux, j’étais pour le moins intriguée. Il faut bien avouer que notre génération n’est pas nécessairement familière avec le concept des divas et divos qui se font aller la glotte en public. Mais comme la vie est courte et qu’on devrait tous avoir une Bucket List, cette occasion de revivre l’histoire passionnelle d’Elizabeth 1 et de Robert Devereux semblait non négociable. Histoire d’un soir à l’opéra…

 

19h30. Grâce à mon statut média, j’ai la chance de me promener dans les coulisses et de m’introduire dans l’envers du décor de l’Opéra de Montréal. Pas de fantôme à l’horizon : tout est sous contrôle. Par contre, la vue des lourdes cordes qui retiennent les décors de la pièce dans les airs a quelque chose de surréaliste et de très esthétique.

 

Le spectacle est à la veille de débuter. On me place en backstage de la scène, quelque part entre les techniciens et les gros projecteurs de lumière. Les figurantes en grosses robes satinées font leur entrée dans cette dernière étape des coulisses. Sans l’ombre d’une goutte de stress, elles caquètent entre-elles comme autour d’un verre. Dans une fraction de seconde, elles seront entrain de projeter leur voix dans une salle bondée, tout cela en Italien et en corset… rien de plus naturel.

 

Acte 1. Dimitra Theodessiou, soprano grecque interprétant la Reine Elizabeth, arrive enfin dans sa robe rouge flamboyante. Et la voilà qui s’avance sur scène et qui détruit toute forme de compétition avec sa voix incroyable et son jeu tragique. Je l’observe donner la leçon à son amant Robert Devereux (Monsieur a les mains baladeuses…) et je me dis qu’Elizabeth 1 aurait tout aussi bien pu régner sur le Montréal contemporain, en criant R.E.S.P.E.C.T sur la rue Saint-Denis.

 

Actes 2 et 3. On me place dans une loge confortable. Quelque part entre l’exécution de Devereux et le meltdown de la Reine,  je me perds dans mes pensées et me demande si les jeunes et l’opéra sont encore compatibles. D’un côté, ça nous permet de réviser nos cours d’histoire tout en nous donnant le chill d’une montée de vocalise. De l’autre, ça met du baume sur notre cynisme et notre anti-romantisme générationnel. Finalement, à l’approche de Noël, ça aurait de quoi épater nos parents qu’on les invite à assister à une représentation.

 

Bon d’accord, je ne prétends pas que j’irai faire mon tour à l’Opéra tous les soirs de la semaine. Mais quand même,  des fois, ça fait du bien de faire une petite sortie vintage et de prendre le temps d’écouter des gens qui chantent comme des créatures de l’autre monde.

 

 

Roberto Devereux | Opéra de Montréal
Représentations : lundi 22 et jeudi 25 novembre