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Éthique Urbaine: 7 jours de platitudes

C’est vrai qu’on n’a pas tant de vedettes que ça au Québec, et que, pour la plupart, c’est des bien petites vedettes. Vrai également que quand vedettes il y a, leurs écarts de conduite étalés au grand public se limitent généralement à de l’alcool au volant, (sans mugshot, c’est juste plate), une taloche de Mario Pelchat, un caca sur le tapis d’un hôtel, ou être né Éric Lapointe. Et lui, une chance qu’on «s’a»… Même que pour être honnête, on a comme le goût qu’il retombe dans quelque chose de pas fin et de nocif. Ça nous donnerait au moins la chance d’assister à une autre très belle entrevue de notre Julie nationale, qui figurerait elle aussi au top du palmarès de la malaisance, avec en background Patrick Huard qui dit «Mon estie, le monde t’aime tellement!» Pas de quoi se partir un TMZ.
 
Enfin, tout ça pour dire que j’imagine que ça doit pas être drôle à tous les jours au royaume des La Semaine, Le Lundi, le 7 Jours ou le Hier, quand t’es comme un magazine à potins, mais avec pas vraiment de potins. Un magazine d’actualités artistiques avec comme grosse nouvelle les 7 personnalités du Québec qui ont utilisé du Botox. C’est sûrement pour ça que quelqu’un, quelque part, un bon matin se dit: «Sophie Prégent, toute nue sur une roche et qui, à 45 ans, déclare avec fracas qu’elle n’a pas peur de vieillir, ça fais-tu une une pas pire, ça?»
 
Non, mais sérieusement, après Claude Dubois, la face ridée écrasée sur la bedaine pas de tête de sa blonde, et plus récemment, l’horreur de Michel Jasmin feignant une première communion et une petite bataille avant la baise avec son jeunot de chum, ça se peut juste pas.
 
Mettons que t’as un brin de respect pour l’actrice qui a eu son heyday dans un téléroman dix ans plus tôt, que t’aimes son blond constant signé Camil Coloriste, que t’es contente que son chum prenne de ton temps à chaque gala pour lui dire live à la tivi qu’il l’aime. Mettons. Pis là, t’es à l’épicerie, tu viens pour payer, pis tu vois ça. Bang. Has been. Final bâton.
 
Mais ce qui est tout de même fascinant dans tout ça, quand on s’y attarde plus longuement, c’est que somehow, somewhere: un agent d’artistes a le désir et/ou le mandat de remettre son artiste sur la mappe; quelqu’un, un directeur artistique (?), un rédacteur en chef (?) propose ledit concept poche; l’agent en parle à la petite vedette qui approuve; shooting photo: «-Mets-toi le cul sur la roche! – Ayoye donc, ça scrape un derrière! Comme ça, c’est-tu bon? –Oui, c’est bon, on va faire semblant que t’es toute nue, plie les jambes! – De même? – On l’a!»
 
On pourrait certainement croire, à la lecture de ce petit scénario, qu’il y aurait eu là maintes occasions pour une personne saine d’esprit de «backer off». Mais non, ça a l’air. Enfin, dans mon entourage, mon bitchage à la Clique du Plateau suscite des réactions mitigées. «Tu peux ben mettre n’importe quel nobody indie machin hipster qui fait semblant de faire de la musique sur ton cover, tu le vends pas, ton magazine. Le gars, Charron, y fait ben de l’argent avec ça. D’ailleurs, c’est ça que vous devriez faire au NIGHTLIFE, mettre des photos de tout-nus sur des roches, vous feriez plus de cash!» Whatever, mais moi j’aime encore mieux les wannabe que les has been.