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World Press Photo: coups de coeur de nos photographes


Le World Press Photo, c’est non seulement une compétition prestigieuse dans le milieu du photoreportage, mais aussi une expo itinérante qui s’arrête à chaque année dans plus de 45 pays. Nous avons demandé à trois de nos photographes de partager leur coups de coeur.

 

 

Actualité – Premier prix
Kent Klich, Suède


Le défi du photojournalisme, c’est de rendre compte d’une réalité avec esthétisme. Cette image d’un salon dont le plafond a été percé par l’obus d’un tank propose un équilibre parfait entre information brute et poésie visuelle. L’image est à la fois très narrative – le mobilier, les objets oubliés et bien sûr le trou au plafond parlent énormément – et esthétiquement irréprochable : une superbe frontale, symétrie brisée par le poste télé, point d’intérêt centré et relativement subtil. – Marco Campanozzi

 

 

Portraits (série) – Deuxième prix
Annie van Gemert, Pays-Bas


Mes yeux s’arrêtent sur cette série de portraits de jeunes enfants. Parce que c’est éphémère, et parce que, dans tant de violence, il fait bon retrouver une certaine naïveté. Ici, j’ai l’impression qu’on ne traite pas de quelque chose de passager. Pourtant, n’y a-t-il rien de plus passager que cette courte période avant d’atteindre la puberté? Parce que ça rappelle vaguement le travail de Rineke Dijkstra, que j’admire tout autant. Peut-être tout simplement parce que parmi toutes ces images, c’est probablement celles que j’aurais aimé faire. – Maxyme G. Delisle
 

 


Actualité (série) – Troisième prix
Rina Castelnuovo, Israël


Cette photo représente pour moi l’essence même du photoreportage. Je n’y vois pas la guerre, les balles, les roquettes, les morts. J’ai vu des centaines de photos comme ça. Celle-ci ne ferait probablement jamais la une. Mais elle ne se perd pas dans le sensationnalisme; elle globalise des tensions particulières en démontrant toute la haine que peut engendrer un conflit. Quand je regarde cette photo, je me demande à quel point l’homme peut être de mauvaise foi. – Raphaël Ouellet