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Class of 2010: Andrew et Sasha, les inséparables


À mon arrivée, Sasha Kleinplatz et Andrew Tay sont déjà là. Ils sont sages comme des images, mignons comme s'ils avaient été enfantés par un nénuphar. Avec le nœud papillon au cou d’Andrew et la gentillesse désarmante de Sasha, j’ai l’impression d’être face à un tandem frère et sœur de bonne famille. Je ne suis pas loin de la vérité, ils se connaissent depuis l'âge de 9 ans et sont originaires de Windsor, en Ontario. Il y a 13 ans, ils ont emménagé à Montréal pour étudier à Concordia en danse et ont décidé d’y rester.

Avec un anglais se transformant étrangement en celui de Louise Harel, je tente une question élaborée. Des yeux interrogateurs. « Did you understand my question? » Après un not really timide, « You can speak in French if you want, we understand, we work with a lot of French choregraphers ». Et ce n’est pas tout, ils travaillent également avec des jeunes et des moins jeunes, des danseurs professionnels et des autodidactes, mais aussi avec des gens qui ne travaillent pas en danse. Le mandat de leur compagnie Wants&Needs, c’est de désacraliser la danse, de la rendre accessible et ludique en jouant avec le temps et l’espace.

Des spectacles, ils en ont plusieurs derrière le nœud papillon. Le travail d’Andrew est vraiment physique, musculaire, voire sexy tandis que Sasha s’appuie sur le rythme et se questionne sur les rôles genrés en danse. Néanmoins, ensemble, Andrew et Sasha, c’est Wants&Needs, ceux qui ont permis aux danseurs montréalais d’uriner dans la piscine du Bain Saint-Michel en toute impunité depuis 6 ans (Piss in the pool) et qui d’autres fois préfèrent faire ça Short and Sweet (un spectacle de chorégraphies ne dépassant jamais 3 minutes, sinon on éteint les spotlights et on arrête la musique). Vous l’avez compris, Andrew et Sacha sont sympathiques. Leur façon amusante de présenter des artistes hors de leur zone de confort a permis au public de découvrir tout un éventail de danse, un art méconnu de notre génération. Et le plus beau dans tout ça, c’est qu’ils aient réussi l’exploit de créer un véritable buzz, et transformer des spectacles de danse contemporaine en rendez-vous incontournables.

En danse, peu de chorégraphes mettent de l’avant le dialogue entre le public et les artistes, une bière à la main. Exit le sentiment d’être pris en otage pendant une heure et demie par des prestations assommantes. Leur credo, c’est celui de créer un «Événement» avec un grand E et de partager avec l’audience le plaisir d’une expérience collective. Dans ces soirées, oui, il y a l’idée de divertissement, mais il y a aussi des chorégraphes qui risquent sans avoir peur d’échouer ou de décevoir. L’important, c’est  que l’assistance demeure touchée, amusée, dégoûtée, déstabilisée. « La seule chose à éviter pour nous, c’est la médiocrité, the ok zone où rien ne passe, où l’on ne va nulle part ».  On va bien voir ce que ça va donner avec leur prochaine thématique Involved, présentée au Studio 303, où la participation du public sera au centre de la création.


Involved | 29 mai
Studio 303 | 372, Ste-Catherine O.

Piss in the pool | Du 17 au 19 juin
Bain St-Michel | 5300, St-Dominique


wantsandneeds.ca


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